Etude. Addictions France dresse un bilan sévère du marketing des paris sportifs durant la Coupe du monde masculine de football 2026. Selon son rapport « Carton rouge », les opérateurs avaient prévu près de 150 millions d’euros de dépenses marketing et de gratifications sur la seule période juin-juillet. Le contexte était porteur : plus de 1,3 milliard d’euros de mises ont été engagés pendant la compétition par 3,1 millions de joueurs. Les opérateurs avaient par ailleurs annoncé une hausse de 25 % de leurs budgets publi-promotionnels sur l’ensemble de l’année 2026.
L’association a étudié les campagnes de Betclic, Winamax et Unibet dans les transports, à la télévision et sur les réseaux sociaux. Sur M6, un téléspectateur a été exposé en moyenne à neuf publicités pour les paris sportifs par match observé. Une personne ayant suivi tous les matchs des Bleus aurait pu voir 73 spots et jusqu’à 338 en regardant l’ensemble des rencontres diffusées gratuitement en prime time. Betclic bénéficiait également d’un statut de partenaire officiel des retransmissions du Mondial sur M6 et M6+ et a parrainé sept des huit émissions d’avant-match analysées.
Fin du sponsoring ?
La pression s’est aussi déplacée sur les réseaux sociaux. Entre le 4 juin et le 2 juillet, Addictions France a recensé 671 publications promouvant explicitement les paris sur les comptes des trois opérateurs, avec des pointes à 46 contenus par jour. L’humour apparaissait dans 69 % des publications et au moins un tiers utilisait, selon l’association, des codes susceptibles d’attirer les mineurs. Les gratifications financières, bonus, freebets ou concours apparaissaient dans 61 % des contenus, soit 412 publications durant la compétition.
L’association estime également que 70 % des publications des opérateurs sur leurs réseaux sociaux ne respectaient pas le cadre réglementaire ou les lignes directrices de l’Autorité nationale des jeux. Elle demande désormais un encadrement renforcé : interdiction du parrainage d’équipes, de personnalités publiques et de stades par les opérateurs, limitation des supports publicitaires et extension de la taxe sur la publicité aux dépenses de sponsoring afin de financer la prévention.
© SportBusiness.Club – septembre 2026