Un tee-shirt vert décoré de grenouilles et un short marron sans marque apparente. C’est dans cette tenue sobre que Léon Chevalier, l’un des meilleurs triathlètes français, s’est présenté vendredi 12 septembre à la conférence de presse des championnats du monde Ironman, organisés deux jours plus tard à Nice (Alpes-Maritimes). Un contraste avec les autres athlètes présents, tous affichant clairement les logos de leurs partenaires. Un choix pleinement assumé par l’intéressé, comme il l’a expliqué à SportBusiness.Club.
Des grenouilles… mais aucun nom de vos partenaires commerciaux sur votre tee-shirt. Pourquoi ?
Léon Chevalier : (Rires). « C’est vrai que les autres concurrents avaient, eux, beaucoup de logos sur leurs maillots. En fait, c’est difficile de faire plaisir à tous les partenaires : chacun me fait confiance et tous savent que ce n’est pas à la conférence de presse que je vais leur offrir de la visibilité. Justement, c’est en étant un chouya différent (sic) que j’estime leur apporter quelque chose d’autre. Cela fait longtemps que je travaille avec eux. Ceux qui me suivent connaissent mes équipementiers en course : Cervélo pour le vélo ou Hoka pour les chaussures. Du coup, je pense que je n’ai donc pas besoin de mettre un tee-shirt avec tous leurs logos lors du point presse pour rappeler que je suis associé à toutes ces marques ».
Que faîtes-vous pour vos partenaires, alors ?
L. C. : « Et bien, je cours, bien sûr. Après, il y a aussi des demandes sur les réseaux sociaux ou certaines activations à côté des compétitions. Je participe à ces événements plutôt hors saison, loin des objectifs sportifs majeurs ».
Gérez-vous seul vos partenariats ?
L. C. : « Non, c’est avec ma femme Florrie. Je travaille avec les mêmes partenaires depuis quatre ou cinq ans. Du coup, la relation que l’on peut avoir va au-delà du simple accord de sponsoring. J’aime bien ce type de travail, même si cela demande de l’organisation. Après, je suis conscient que je ne suis pas champion du monde et que, du coup, je n’ai pas les mêmes requêtes que d’autres. Pour l’instant, à mon échelle, cette manière de faire fonctionne plutôt bien et je pense que mes partenaires l’apprécient ».
La gestion de vos partenariats vous prend-elle du temps ?
L. C. : « Je me dis parfois que je pourrais mieux gérer cela. Quand on essaie de concentrer ses efforts à l’entraînement, on n’a pas forcément l’énergie ou le temps nécessaire pour la communication ou la recherche de partenaires. J’ai de la chance d’avoir travaillé dès le début avec des marques qui me font confiance et renouvellent année après année. Après, forcément, obtenir des résultats sportifs aide. On a moins besoin de se “vendre” et de “faire du bruit” ».
Quelle part prennent les partenaires dans le financement d’une saison en Ironman ?
L. C. : « Les primes de course ont été mon revenu principal lors de mes deux premières saisons. L’année 2023 a été la première où j’ai débuté la saison en étant financièrement viable. Le soutien des partenaires est donc essentiel pour moi, mais ces revenus sont également liés à mes résultats sportifs. Par exemple, cette année, [en 2025] les primes de courses ont couvert mes frais de déplacement. »
Combien coûte une saison sur le circuit Ironman ?
L. C. : « Cela dépend du programme. Avec beaucoup de voyages internationaux, cela peut monter jusqu’à 40 000 dollars pour une année (soit environ 34 000 euros). L’an dernier, le voyage à Kona (Hawaï), où se disputent traditionnellement les championnats du monde, m’a coûté plus de 8 000 dollars (environ 6 800 euros). C’est aussi un choix d’investir afin de réaliser la meilleure performance possible ».
Entretien : Killian Tanguy, correspondant à Nice (Alpes-Maritimes)
© SportBusiness.Club – Janvier 2026