22 janvier 2026

Temps de lecture : 2 min

Du Prix d’Amérique aux tournages, Grosbois change de braquet

Lieu central de l’entraînement des trotteurs, le Domaine de Grosbois engage une diversification économique afin de mieux valoriser son patrimoine et lisser son activité sportive.

Les cracks du Prix d’Amérique Legend Race, disputé dimanche 25 janvier 2026 sur l’hippodrome de Vincennes, et Tom Cruise ont un point commun : ils se sont entraînés au Domaine de Grosbois. Propriété de la Société d’Encouragement à l’Élevage du Trotteur Français (SETF), également baptisée Le Trot, ce site de 412 hectares, boisé à moitié et situé dans le Val-de-Marne (94), est souvent présenté comme le “« ”Clairefontaine des trotteurs”. Doté de deux pistes et de près de 40 kilomètres d’allées cavalières, il peut accueillir jusqu’à 1 500 chevaux en période de pointe.

Le domaine vit au rythme du cheval. Les plus grandes structures de courses hippiques, à l’image de celle de Jean-Michel Bazire, y ont installé leur camp de base, avec des boxes confortables pour les chevaux et des logements, aussi confortables, pour les collaborateurs des équipes. En haute saison, près de 75 entraîneurs et plusieurs centaines de salariés et prestataires vivent ou travaillent à Grosbois. Cette concentration d’activité en fait un outil central du meeting d’hiver parisien.

Le site représente toutefois une charge structurelle élevée. L’entretien des pistes, des écuries et du patrimoine historique mobilise chaque année plusieurs millions d’euros. Longtemps pensé comme une infrastructure exclusivement sportive, Grosbois doit désormais s’adapter à un environnement plus concurrentiel. La stratégie de la SETF consiste ainsi à ne plus dépendre uniquement des revenus liés à l’entraînement et à l’hébergement des écuries. Le loyer annuel est estimé à environ 2 millions d’euros. L’enjeu est de valoriser le domaine comme un actif patrimonial et commercial à part entière.

“Popcorn”, alias Tom Cruise, séduit

Cette diversification repose d’abord sur l’événementiel. Séminaires d’entreprises, réceptions, tournages audiovisuels et manifestations culturelles se multiplient dans le château et ses dépendances. La capacité d’accueil, pouvant atteindre plusieurs milliers de personnes, ouvre de nouvelles perspectives de chiffre d’affaires. À l’image d’autres grands sites sportifs français, Grosbois cherche à lisser son activité sur l’année et à capter des budgets issus du corporate et de la production audiovisuelle.

L’hospitalité constitue un autre levier stratégique. Certains bâtiments, peu utilisés hors saison, notamment l’été, pourraient être proposés à la location via des plateformes comme Airbnb. Un projet d’hôtel de 60 chambres avec piscine est à l’étude à l’horizon 2027. L’objectif est de prolonger la durée de séjour des visiteurs et de renforcer l’attractivité économique du site. Le sport conservera toute sa place, avec notamment l’étude d’une course de gravel.

Pôle de services complet pour la filière hippique, Grosbois se transforme progressivement en destination à part entière. Les entreprises de l’événementiel et de l’entraînement profitent déjà de ce cadre singulier. Le site a accueilli des tournages de films et de séries, comme Emily in Paris. C’est aussi à Grosbois que Tom Cruise a préparé, dans la plus grande discrétion, la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Paris 2024. Sous le pseudonyme de “Popcorn”, l’acteur aurait été impressionné par les lieux. L’idée d’un Top Gun du trot a peut-être germé à cette occasion.

© SportBusiness.Club – Janvier 2026

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