À la tête du Comité international olympique depuis sept mois, Kirsty Coventry s’apprête à donner un premier cap politique à son mandat lors de la 145e session organisée à Milan (Italie). Cette réunion du cénacle olympique, programmée à partir de mardi 3 février, à la veille de l’ouverture des Jeux d’hiver de Milan-Cortina 2026, doit lui permettre de présenter les premières orientations issues des groupes de travail lancés en juin. Élue sur une promesse de renouveau, la Zimbabwéenne incarne une rupture symbolique, sans feuille de route encore pleinement formalisée.
Dimanche 1er février, lors de sa première conférence de presse en Italie, organisée à l’issue de la Commission exécutive, la présidente du CIO a toutefois été amenée à s’expliquer sur des sujets périphériques. Elle a été interrogée sur l’apparition du nom de Casey Wasserman dans les “fichiers Epstein”, sur la présence possible d’agents fédéraux américains de l’ICE à Milan, ainsi que sur les retards enregistrés sur certains chantiers olympiques.
Face à ces questions sensibles, Kirsty Coventry a livré des réponses courtes, évitant toute prise de position de fond. « Tout ce qui détourne l’attention de ces Jeux est triste,» a-t-elle déclaré, évoquant les précédents qui ont marqué d’autres éditions : « Le zika, le covid…». Elle a rappelé que, selon elle, l’ouverture des Jeux reste le moment où « le monde se souvient de la magie et de l’esprit olympique,» balayant les controverses périphériques.
Sports additionnels : en juin
À partir de mardi, la présidente du CIO conduira les débats devant la centaine de membres du CIO réunis en session. Plusieurs chantiers ouverts touchent au cœur du modèle olympique. L’un concerne l’évolution du programme sportif, avec la recherche d’un équilibre entre la taille des Jeux, la pertinence des disciplines et l’attractivité des formats proposés aux diffuseurs et aux publics. « Nous avons reçu des mises à jour des groupes de travail sur le programme olympique,» a-t-elle indiqué. La stratégie baptisée “Fit for the Future” doit aboutir à des propositions concrètes d’ici juin prochain.
Parmi les pistes évoquées figure une porosité accrue entre Jeux d’été et Jeux d’hiver, avec l’intégration possible, à terme, de disciplines comme le cyclo-cross ou le trail. « Pour les Jeux de 2030, la Commission exécutive fera des propositions en juin, et c’est la session suivante du CIO, courant 2026, qui prendra les décisions,» a-t-on confirmé à SportBusiness.Club. D’autres réflexions concernent l’attribution des Jeux, leur modèle économique.
Une feuille blanche
Pour les Jeux d’hiver, une réflexion porte sur le nombre de sites hôtes potentiels. L’hypothèse d’un recentrage sur un nombre limité de stations, capables de garantir des conditions d’enneigement durables, est étudiée. « Tout est sur la table,» a affirmé Kirsty Coventry, précisant avoir demandé aux groupes de travail de repartir « d’une feuille blanche ».
Le dossier le plus sensible demeure celui de la “protection de la catégorie féminine”. Un groupe spécifique travaille sur l’accès des athlètes transgenres et intersexes aux compétitions féminines. Aucune décision ne sera prise à Milan, a confirmé la présidente, alors que plusieurs fédérations internationales ont récemment durci leurs règles d’éligibilité, notamment par l’introduction de tests génétiques.
Cette prudence s’explique aussi par un contexte géopolitique tendu. Aux États-Unis, le président Donald Trump a signé un décret excluant les sportives transgenres des épreuves féminines, pesant indirectement sur le CIO à l’approche des Jeux de Los Angeles 2028. La session de Milan constitue ainsi un premier test politique pour la nouvelle présidente de l’instance olympique. (Avec AFP)
© SportBusiness.Club – Janvier 2026