Dans le sillage d’un descendeur à plus de 100 kilomètres/heure, derrière le pas d’un biathlète ou les lames d’un patineur de vitesse… aux Jeux de Milan-Cortina, les drones sont quasiment partout. Laboratoire à ciel ouvert pour la production et la diffusion sportives, les Jeux apportent à chaque édition leur lot de nouveautés. Cette année, les vedettes sont les drones. Il y en a une vingtaine en Italie. Ils sont exploités par OBS (Olympic Broadcasting Services), filiale du Comité international olympique (CIO) en charge de toutes les images des Jeux.
Dans ce dispositif, les drones de nouvelle génération occupent une place centrale. Utilisés en vue à la première personne (FPV), ils permettent de s’approcher au plus près des athlètes, en toute sécurité, assure Yiannis Exarchos, directeur général d’Olympic Broadcasting Services (OBS). Les drones sont toujours situés à l’arrière des sportifs. « Nous sommes arrivés à une nouvelle génération de technologie qui offre vraiment le sentiment d’être partie intégrante de la compétition : nous faisons la course avec eux;» explique le dirigeant.
L’objectif est de renforcer l’immersion et de traduire la vitesse et l’intensité des épreuves pour le téléspectateur. Le résultat est spectaculaire. « Ces drones doivent aussi apporter quelque chose de plus au récit, poursuit Yiannis Exarchos ; il s’agit de raconter les histoires des athlètes […] Nous ne sommes pas des narcissiques de la technologie ». Arrivés en 2014 aux Jeux de Sotchi, les drones n’ont cessé de se perfectionner. Ces appareils de 250 grammes sont parfois adaptés aux disciplines couvertes. Et toutes ne le sont pas, comme le curling ou le patinage artistique, par exemple.
D’anciens athlètes aux manettes
Utilisés avec l’autorisation de l’aviation civile, les drones sont également adaptés aux contraintes extérieures. « Avec le froid, les batteries tiennent moins longtemps, précise le patron d’OBS. Ils sont pilotés par des experts. C’est une technologie que les jeunes savent bien maîtriser. Je ne suis pas inquiet pour en trouver ». D’autant que Yiannis Exarchos a une idée : « J’encourage les athlètes actuels à devenir pilotes ». C’est le cas en saut à ski où celui qui dirige le drone est lui-même un sauteur.
Si les images sont réellement spectaculaires, il reste toutefois quelques détails à régler, comme le bruit de ces engins. Le bourdonnement caractéristique d’un drone pourrait perturber un sportif. « Nous n’avons reçu aucune plainte d’athlètes », assure le Cojo. « L’intelligence artificielle pourra permettre de limiter le bruit capté par les micros,» avance Yiannis Exarchos, qui se projette déjà vers les Jeux d’été, à Los Angeles 2028 : « Sur le marathon, ou lors des épreuves de surf ».
Bruno Fraioli, envoyé spécial à Mialn (Italie)
© SportBusiness.Club – février 2026