C’est à 22h50, exactement, que Sergio Matarella, le président de la République italienne a déclaré les Jeux de Milan-Cortina 2026 ouverts… sur une petite boulette. Le Chef d’Etat a évoqué les 15e Jeux olympiques d’hiver, alors qu’il s’agissait des 25e, ont remarqué plusieurs médias de la péninsule. En revanche, son arrivée a bien fait sourire. Dans une vidéo on le voit embarquer dans un de tramways typiques milanais dont le conducteur n’est autre que Valentino Rossi, multiple champion du monde de moto. Un clin d’oeil à Londres 2012 quand la reine avait sauté en parachute pour rejoindre le stade, accompagnée par James Bond. Quelques minutes après, c’est la flamme olympique, accompagnée par la voix magique du ténor Andréa Bocelli, qui traversait lentement le stade San Siro sous le regard des 75000 spectateurs.
Ces derniers ont assisté à une cérémonie de 3h30 tranchant avec le concept audacieux de Paris 2024 il y a un an et demi sur la Seine. Voulue plus “consensuel” selon son créateur, Marco Balich, le spectacle fut sobre sans aspérité ou message. Il y manquait sans doute le petit grain de folie italien, et surtout l’esprit de la fête. Volare, hymne populaire transalpin, fut réinterprétée dans une version monotone et insipide par la star mondiale Mariah Carey. L’hymne officiel, Fratelli d’Italia, lui aussi réorchestré et chanté par Laura Pausini avec un chœur, aura été relativement plat, alors qu’il se termine généralement par un hurlement.
Cette cérémonie marquait aussi le retour du défilé des athlètes dans le stade, enfin plutôt dans les stades car les sportifs étaient présents dans trois sites différents. Si la production télévisée a tenté de redonner un semblant de cohésion pour chaque délégation, dans l’enceinte de San Siro cela pouvait sonner un peu creux pour des nation seulement représentées par la seule porteuse du panneau sur lequel était inscrit le nom du pays. L’Ukraine fut acclamée, les athlètes des Etats-Unis aussi, mais pas le vice président JD Vince, sifflé quand son image a été projetée les grands écrans du stade. Pour la France, pas de drapeau à Milan : les deux porteurs étaient à Livigno.
Deux vasques jumelles
Les surprises les plus attendues de cette cérémonie étaient les noms des derniers relayeurs. Ce fut, le duo Alberto Tomba et Déborah Compagnoni, deux anciennes gloires du ski transalpins. A Milan, vers 23g20, ils allumèrent la vasque inspirée des “nœuds de Léonard de Vinci” et installée sous l’Arche de la Paix, monument emblématique de la ville lombarde. Au quasi même instant, à plus de 400 kilomètres de là, c’est une autre skieuse, encore en activité, elle, Sofia Goggia, qui embrasait une vasque jumelle à Cortina d’Ampezzo, un des trois sites de compétions dans les montagnes.
Deux vasques officielles pour les premiers Jeux “décentralisés”. Dispersés sur quatre “clusters”, distants pour certains de 6 à 7 heures en transport, les Jeux d’hiver de Milan-Cortina relèvent un challenge inédit très observé par le mouvement sportif et les futurs organisateurs des Jeux, à commencer par Alpes 2030, dont le schéma est très proche ave des sites dispensés entre les Alpes du Nord et celles du Sud. Son président, Edgar Grospiron, est en Italie à la tête d’une délégation d’une quarantaine de personnes chargées de jouer les observateurs.
La France en observation
La mise en place de “mini cojos » par cluster, dotés de certains pouvoirs, est une curiosité. « Nous verrons si cela fonctionne, commente-t-on au sein du Comité d’organisation des Alpes 2030. Cette solution apporterai une certaine souplesse. Mais elle nécessite une mise en place rigoureuse ». Et pour le Comité d’organisation français aux rouages non parfaitement huilé, ce n’est pas encore le cas.
Le mouvement sportif français va aussi regarder de près le fonctionnement décentralisé de Milan-Cortina 2026 avec l’objectif d’adapter au mieux les infrastructures nécessaires pour “faire gagner” les tricolores. « Le “Home Advantage” est déjà le fait de bien connaitre les pistes, explique Fabien Saguez, le président de la fédération Française de Ski et chef de la délégation tricolore à Milan. Mais on va aussi prendre beaucoup d’enseignements ici, notamment sur la manière à améliorer de petites choses dans chaque cluster, comme l’accès aux soins ».
Même les responsables artistiques peuvent s’inspirer de Milan Cortina. Organisée sur les quatre clusters des Jeux, une première, le traditionnel défilé des athlètes pouvait parfois manquer un peu de cohérence aux spectateurs. Pendant près d’une heure, la production télé a tenté un semblant d’union physique entre les délégations. Dans l’enceinte de San Siro cela pouvait sonner un peu creux pour des pays seulement représentées par la seule porteuse du panneau indicateur. L’Ukraine fut acclamée, les athlètes des Etats-Unis aussi, mais pas le vice président JD Vince, sifflé quand son image a été projetée sur les grands écrans du stade. Pour la France, pas de drapeau à Milan : les deux porteurs étaient à Livigno. (Article complété)
Bruno Fraioli, envoyé spécial à Milan (Italie)
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