Discipline olympique, le tir à l’arc bénéficie d’une forte exposition auprès du grand public grâce aux Jeux… mais seulement tous les quatre ans. Élu il y a un peu plus d’un an à la présidence de la Fédération française, Julien Mégret a placé cette question de visibilité parmi les priorités de son mandat. L’objectif est de réduire au maximum la période de creux entre deux olympiades. « Après Paris 2024, nous avons battu notre record avec plus de 85 000 licenciés. En 2025, nous sommes redescendus à 83 000, mais cela reste supérieur à l’avant-JO, explique-t-il. Nous montons des paliers ».
Deux ans après, l’effet Paris 2024 est jugé positif. Selon le président, la fédération avait été préparée par l’ancienne équipe pour accueillir les nouveaux pratiquants. La réserve concerne plutôt le volet marketing. « Même si les Jeux nous ont permis de réévaluer les montants des contrats, nous sommes restés avec nos partenaires endémiques,» observe Julien Mégret. Le dirigeant estime que sa discipline possède un potentiel encore sous-exploité pour les marques.
Pour renforcer ce volet, la fédération a décidé de structurer son activité commerciale. « Nous avons créé un poste dédié à plein temps,» précise le président. L’objectif est de développer les partenariats en interne, tout en restant ouvert à un accompagnement par une agence spécialisée. La discipline pâtit également de l’absence d’une figure très médiatique, malgré deux médailles remportées à Paris 2024. « Nous sommes en concurrence avec tous les autres sports,» reconnaît Julien Mégret.
La FFTA s’ouvre au mécénat
Pour accroître ses ressources, la Fédération Française de Tir à l’Arc, qui produit sur ses fonds les images télévisées de ses championnats afin de les proposer aux diffuseurs, explore aussi la piste du mécénat sportif. « Nous avons lancé une fondation sous l’égide de la Fondation du Sport,» indique Julien Mégret. Baptisée “Visez juste”, celle-ci est portée par Sébastien Flute, dernier champion olympique français. Le projet vise à soutenir des actions autour de la citoyenneté.
La fédération se tourne également vers la prochaine grande échéance : les Jeux olympiques d’été de Los Angeles en 2028. Le programme inclura un nouveau tournoi, le relais mixte en arc à poulies. « Cela devrait nous sourire car la France possède le numéro un mondial sur cet appareil,» souligne le président. La fédération cherche aussi à rapprocher la discipline des grandes villes, comme lors des championnats de France organisés à Paris les 28 février et 1er mars derniers.
En parallèle, Julien Mégret souhaite renforcer les actions destinées aux plus jeunes. La fédération veut notamment séduire les 8-11 ans. « Les jeunes sont une priorité, indique-t-il. Nous préparons les clubs à les accueillir avec des équipements adaptés ». Du côté des jeunes filles, la tâche pourrait être facilitée : la présence d’héroïnes équipées d’arcs et de flèches dans certaines séries et jeux vidéo contribue à populariser la discipline.
© SportBusiness.Club – Mars 2026