En Suisse, les footballeuses jouent en “heures supplémentaires”
En Suisse, une campagne détourne les codes du sponsoring pour illustrer une réalité économique : le cumul d’emplois chez les joueuses professionnelles.
Communication. En Suisse, cumuler deux activités professionnelles est encore malheureusement la norme pour une majorité de footballeuses de l’élite. Une situation que les joueuses du FC Zurich Women ont décidé de montrer sur les terrains. Lors d’un match, les logos de leurs sponsors habituels sur leurs maillot ont laissé la place à des mentions comme “Night Shift” (“Poste de nuit”) ou “Extra Hours” (“Heures supplémentaires”). Une manière d’illustrer concrètement leur double quotidien sportif et professionnel.
Cette opération, conçue par le trio d’agences Serviceplan Suisse, Serviceplan Hamburg et Serviceplan Culture, s’appuie sur des données du championnat helvète. Selon une récente étude, sept joueuses sur dix occupent un emploi en parallèle de leur activité sportive. Certaines travaillent entre 20 et 40 heures par semaine, pour un revenu souvent inférieur à 1 000 francs suisses (environ 1 020 euros). A côté, elle cumulent jusqu’à 25 heures hebdomadaires d’entraînement.
Un appel aux sponsors
Outre le match, le message est relayé en affichage, sur les supports numériques et les réseaux sociaux. Un site dédié, MakeFootballMyOnlyJob.com, a été créé pour relayer les témoignages. Parallèlement, les joueuses suisses appellent les marques à s’engager plus fortement pour soutenir le développement du football professionnel dans le pays, terre d’accueil du dernier Euro féminin.
Cette initiative n’est pas isolée. En mai 2025, Alia Guagni, joueuse du FC Como féminin, avait disputé le dernier match de sa carrière professionnelle avec son CV imprimé au dos de son maillot. Orchestrée en collaboration avec l’agence internationale LePub, l’opération visait déjà à alerter sur les difficultés financières des footballeuses professionnelle et sur leur reconversion d’après carrière.