Le PMU revient en force dans la course aux paris sportifs
À l’approche de la Coupe du monde 2026, le PMU revoit sa stratégie. L’opérateur lance une nouvelle application pour reconquérir le marché des paris en ligne.
Une année de Coupe du monde de football ne se loupe pas. Distancé par ses concurrents dans l’univers des paris sportifs, le PMU veut redevenir un acteur qui compte sur ce marché à l’occasion du Mondial 2026, programmé cet été. Pour y parvenir, l’entreprise lance sa nouvelle arme mardi 31 mars : PMU Play, une application unique intégrant les trois offres de jeux, paris sportifs, poker en ligne et, bien sûr, paris hippiques. « Nous sommes les premiers à le faire : c’est une technologie exclusive,» se réjouit Olivier Pribile, directeur marketing, produit et e-commerce du PMU.
L’opérateur entend frapper un grand coup sur un marché désormais rasemblé autour de trois acteurs : Betclic, Winamax et FDJ United, qui a intégré ZEturf et Unibet. « S’être concentrés sur les paris hippiques, en abandonnant notamment nos contrats de sponsoring sportif en 2018, a été une erreur stratégique,» reconnaît le dirigeant, arrivé au PMU il y a trois ans. « Nous avons échappé au bénéfice de la croissance du marché des paris sportifs alors que, dans le même temps, les paris hippiques baissaient,» explique-t-il. Le PMU, qui pesait 25% du marché des paris sportifs, est ainsi tombé à 1%.
Deux ans de travail ont été nécessaires pour cette relance numérique. L’objectif était d’offrir aux clients de la nouvelle application un environnement ludique dans sa forme, proche de ceux des concurrents et adapté au marché français, ainsi qu’une navigation fluide avec des passerelles entre les trois univers de jeu, grâce à un compte unique. « Le travail de design a été important car il fallait apporter une cohérence entre les univers,» indique Olivier Pribile.
Arrivée de l’IA
La nouvelle application inclut aussi de l’intelligence artificielle pour les paris hippiques. Le joueur peut, s’il le souhaite, demander une recommandation sur une course à un agent IA. Comme un bon copain, celui-ci livre ses conseils à partir des nombreuses données qu’il a à sa disposition. « Cette aide au pari est vraiment unique et originale : le joueur peut s’engager en cochant simplement une case,» précise le dirigeant.
Pour Olivier Pribile, l’objectif de ce relancement est double : « D’une part, il faut fidéliser les clients turfistes car le PMU doit rester le leader des paris hippiques. Ensuite, nous devons recruter de nouveaux clients via les paris sportifs et le poker, qui pourront aussi migrer vers le turf,» détaille-t-il. L’opérateur ne vise pas immédiatement le podium, mais compte devenir rapidement “un solide quatrième” sur un marché capté à 85% par trois acteurs. « Il reste 15% ! » souligne Olivier Pribile.
“Un seul terrain”
Le niveau d’ambition du PMU, qui doit préserver les ressources financières nécessaires à la protection de la filière équine, s’accompagne d’une campagne de communication du même ordre. « Nous doublons nos investissements pour être davantage en cohérence avec nos concurrents,» reprend le patron du marketing. Le PMU s’affichera dès le 8 avril, date de la réception de Liverpool par le Paris Saint-Germain en Ligue des champions.
L’opérateur investira la télévision, l’affichage, la radio ainsi que les supports numériques pour viser les 30-40 ans, et plus particulièrement les quadras, avec une création de BBDO à la signature très factuelle : “Trois univers et un seul terrain”. « Nous restons très factuels,» affirme Olivier Pribile, confiant : « Le PMU est une marque rassurante, mais qui a besoin d’être dépoussiérée». Cela passera peut-être, à terme, par un retour au sponsoring sportif, mais pas dans l’immédiat.