8 juin 2026

Temps de lecture : 2 min

Pourquoi le torchon brûle entre France Judo et le Jiu-Jitsu Brésilien

Une convention liait France Judo et la Confédération française de Jiu-Jitsu brésilien, mais les deux instances sont désormais séparées et en conflit.

Institutionnel. Dans le monde des sports de combat, les différends se règlent parfois sur le tapis vert. C’est le cas du conflit qui oppose France Judo à la Confédération française de jiu-jitsu brésilien (CFJJB). Cette dernière conteste le traitement réservé par sa fédération de rattachement. Ou plutôt l’absence de traitement. Les rapports entre les deux structures sont si tendus que, depuis septembre 2025, la CFJJB a changé de crémerie en se rapprochant de la Fédération sportive des ASPTT (FSASPTT).

« Les relations avec France Judo étaient inexistantes,» affirme David Giorsetti, président de la CFJJB, pour justifier la rupture, à l’été 2025, de l’accord de rattachement entre les deux entités sportives. Le patron du jiu-jitsu brésilien assure que les engagements n’ont pas été honorés. « Il s’agissait de respecter la culture du jiu-jitsu et de ne pas faire l’amalgame avec le jiu-jitsu japonais, confie le président à SportBusiness.Club. C’était aussi nous mettre à disposition de grandes salles pour des événements accueillant entre 1 000 et 2 000 combattants, ou créer un diplôme professionnalisant comme les certificats de qualification professionnelle ».

Des licenciés convoités

David Giorsetti est en colère. Il accuse France Judo « d’avoir, en voyant le potentiel de la discipline, intégré le jiu-jitsu brésilien au sein de France Judo avec une licence France Jiu-Jitsu ». Cela, selon le dirigeant, en oubliant la spécificité sud-américaine de son sport. Le patron du CFJJB affirme, lui, avoir rempli sa mission. La fédération de jiu-jitsu brésilien s’était engagée à augmenter son nombre de licenciés. Aujourd’hui, elle compte 35 000 adhérents. Il n’étaient que 8 500 en 2021.

De son côté, France Judo rappelle rester officiellement délégataire de la discipline jusqu’en 2029. « Le ministère des Sports nous a renouvelé la délégation pour la période 2026 à 2029 afin de développer et structurer le jiu-jitsu en France », insiste Sébastien Nolesini, directeur général de France Judo. Il poursuit : « C’est une chose à laquelle on s’attache à travers la mise en place d’un diplôme professionnel pour enseigner, contre rémunération, la structuration des grades et l’organisation des compétitions ».

Aujourd’hui, les positions restent éloignées. Chaque instance défend sa lecture de la convention. Malgré tout, la porte n’est pas définitivement close. France Judo n’exclut pas une reprise des discussions. « Je ne suis pas dans la polémique avec la CFJJB, précise Sébastien Nolesini. Même si nos chemins sont aujourd’hui parallèles, il faudra forcément que l’on échange. Ce sera soit pour respecter la délégation qui nous a été attribuée, soit pour faire avancer le jiu-jitsu brésilien et son développement : et on a tous intérêt à ce qu’il se développe en France ».

© SportBusiness.Club – Juin 2026

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