À un mois de la Coupe du monde masculine de football 2026, Raphaël Porte, directeur de la régie RMC BFM, détaille les ambitions de la station, radio officielle de l’événement depuis l’édition 2002. Il souligne un engouement publicitaire déjà supérieur aux prévisions, en phase avec l’ampleur inédite du tournoi aux 104 matchs. Le dirigeant salue aussi la création des pauses fraîcheurs, une opportunité massive pour sa régie.
Le statut de radio officielle de la Coupe du monde de football facilite-t-il la commercialisation auprès des annonceurs ?
Raphaël Porte : « Je ne dirais pas que c’est “facile”, car je ne voudrais pas minimiser le travail de mes équipes, mais c’est un défi passionnant. RMC bénéficie d’une légitimité historique, étant radio officielle du Mondial depuis 2002. C’est un rendez-vous récurrent que nous maîtrisons parfaitement techniquement et commercialement. Cette édition est particulièrement attractive avec 104 matchs et 48 équipes, ce qui rend l’événement très “vendable”. À ce jour, nous sommes d’ailleurs en avance sur nos prévisions habituelles, portés par un réel engouement pour le mois de juin ».
Quels dispositifs préparez-vous pour les annonceurs ?
R.P. : « Nous concevons des dispositifs sur mesure pour chacun. Si une large part de notre activité repose sur les écrans publicitaires classiques, nous développons aussi des partenariats structurants. Par exemple, Winamax nous accompagne tout au long de l’année. Avec HelloWork, nous collaborons sur l’opération “La nouvelle voix de RMC”, un concours de recrutement national dont la finale désignera un grand gagnant. Ce sont des opérations spéciales (OPS) qui viennent s’ajouter à nos partenariats publicitaires habituels ».
Concernant Renault, le projet semble beaucoup plus ambitieux qu’une simple campagne. De quoi s’agit-il ?
R.P. : « C’est effectivement un véritable partenariat industriel pour inventer la radio de demain. Nous avons co-créé RMC BFM Drive, une plateforme intégrée aux véhicules Renault équipés du système OpenR Link. Le concept est novateur : nous récupérons les flux audio de RMC, BFM TV et BFM Business, nous les découpons et les indexons en temps réel pour générer une radio personnalisée. L’auditeur indique son temps de trajet et ses centres d’intérêt (politique, sport, humour), choisit son animateur, et la plateforme lui compose un programme sur mesure ».
Qu’apportent les pauses fraîcheurs à votre dispositif ?
R.P. : « Cette nouveauté renforce la rentabilité. Ces interruptions de trois minutes, prévues deux fois par match sur l’ensemble des rencontres, nous permettent d’ouvrir des fenêtres publicitaires d’une minute au cœur même de l’action. C’est une opportunité majeure pour nous, pour les annonceurs et un moment de récupération nécessaire pour les joueurs ».
Un tel déploiement, incluant l’envoi de trente journalistes et techniciens aux Etats-Unis, Mexique et Canada, est-il réellement rentable pour une radio ?
R.P. : « C’est rentable et ce point est essentiel. C’est l’ADN même de RMC : ne pas être présent sur une Coupe du monde serait impensable pour nous. Nos études montrent que 20% des Français, soit un sur cinq, comptent suivre la compétition à la radio sur RMC. Cette audience massive garantit l’engagement des annonceurs.»
Votre groupe est présent en radio, presse écrite et digital : celafacilite-t-il la rentabilité ?
R.P. : « Cela nous apporte surtout une grande lisibilité. Nous aurons un “village média” réunissant RMC, La Tribune, BFM TV et Brut, qui offrira un écho exceptionnel à nos contenus. Grâce à notre actionnaire, nous sommes le seul groupe capable de proposer une vision à 360 degrés combinant audio, vidéo, TV, radio et réseaux sociaux ».
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