21 mai 2026

Temps de lecture : 3 min

Mondial 2026. Rémi Reverchon, Monsieur Sports US de Bein Sports

L'interview du Mondial. Voix des sports US sur Bein Sports, Rémi Reverchon portera cet été un regard culturel sur les villes américaines de la Coupe du monde qu'il connait si bien.

Chez Bein Sports c’est le Monsieur NBA et sports US. Alors, quand une Coupe du monde de football aux États-Unis se profile, Rémi Reverchon apparaît comme un maillon essentiel du dispositif du diffuseur officiel de l’intégralité de la compétition. Ce féru de basket, de culture américaine et d’anecdotes en tout genre a livré à SportBusiness.Club son regard sur un pays encore loin du charme du soccer. Le journaliste évoque aussi le programme Very Good Trip, qu’il incarnera cet été sur la chaîne.

Quel regard portez-vous sur la place du “soccer” aux États-Unis ?

Rémi Reverchon : « Les États-Unis sont fondamentalement un pays de sport. C’est un élément ancré dans leur identité culturelle. Cependant, le soccer a longtemps été perçu comme une pièce rapportée, avec une identité très marquée par le milieu universitaire. Le professionnalisme a eu du mal à s’imposer, même si l’arrivée de Lionel Messi à l’Inter Miami sert de locomotive exceptionnelle. Si les équipes universitaires sont très suivies et financées, il existe un fossé avec le niveau professionnel. Je pense que l’engouement de la Coupe du monde aidera à combler ce retard culturel, même si le soccer ne détrônera pas de sitôt les ligues majeures comme la NFL, la NBA ou le baseball. »

Il existe aussi une divergence majeure de modèle sportif : en Europe nous fonctionnons avec un système de promotion et de relégation, et eux privilégient les ligues fermées.

R.R. : « Effectivement, ce sont des visions diamétralement opposées. Les Américains assument pleinement le fait que le sport est un business. En France, nous sommes attachés à l’aspect méritocratique et aux belles histoires de “petits poucets” en Coupe de France, mais la réalité économique de 2026 est tout autre. Le système de ligue fermée offre une sécurité financière indispensable. Il est difficile pour un club comme Saint-Étienne de convaincre des partenaires sur le long terme sans savoir dans quelle division il évoluera dans trois ans. Aux États-Unis, même une franchise en difficulté sait qu’elle sera toujours en NBA dans cinq ans. Cette stabilité garantit une viabilité économique que notre modèle européen peine parfois à offrir. »

Les Américains sont réputés en matière de fan expérience. Ils transforment chaque match en véritable spectacle. À quoi doit-on s’attendre pour cet événement ?

R.R. : « Je pense que les spectateurs vont être impressionnés. Les Américains savent vendre un match comme une vraie sortie familiale. J’ai emmené mes parents voir un match des Clippers à Los Angeles : ma mère, qui n’est pas fan de sport, a passé une soirée mémorable grâce aux animations, aux boutiques et à l’ambiance constante. En France, on craint parfois que le spectacle ne supplante le sport, mais les deux sont compatibles. On peut être un passionné de basket et apprécier tout le divertissement périphérique. Vivre un match dans un stade américain est une expérience marquante, qui offre une alternative très intéressante à la culture des supporters européens. »

Quel sera votre rôle sur Bein Sports pendant la Coupe du monde ?

R.R. : « Je vais incarner le programme Very Good Trip. L’idée est née naturellement lors d’une discussion avec Florent Houzot, directeur de la rédaction. Comme je commente la NBA sur Bein Sports, j’ai cette culture américaine ancrée en moi. J’y ai vécu longtemps et j’ai écrit plusieurs ouvrages sur la culture et les spécificités des villes américaines. Lorsqu’on a commencé à réfléchir à la couverture de la Coupe du monde, il m’a suggéré d’adapter mes livres pour l’antenne. L’objectif est de présenter, à travers des chroniques d’une minute trente à deux minutes, les onze villes hôtes aux États-Unis, ainsi que Toronto. Je souhaite faire découvrir aux gens le quotidien à Boston, Los Angeles ou Miami. Une Coupe du monde est une formidable occasion de s’immerger dans l’univers culturel d’un pays. Et, comme les États-Unis sont immenses, la vie y est radicalement différente d’une ville à l’autre. »

Est-ce aussi un moyen d’attirer vers la Coupe du monde un public qui n’apprécie pas forcément le football ?

R.R. : « Absolument. Cette Coupe du monde est un peu clivante, et les États-Unis n’ont pas toujours bonne presse actuellement, ce qui peut inquiéter certaines personnes. Sans occulter les enjeux géopolitiques, j’ai envie de dédramatiser l’image du pays. Les États-Unis sont un pays de contrastes, que j’aime autant que je peux parfois le détester. Je veux mettre en avant les aspects positifs pour montrer la richesse géographique et culturelle de ce territoire. Mon but, en tant que journaliste, est de donner envie aux gens de s’attacher à ce pays et de leur faire comprendre qu’au-delà des critiques, il y a énormément de choses passionnantes à y découvrir. »

Entretien : Titouan Laurent
© SportBusiness.Club – mai 2026

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