Tout nouveau partenaire de la Ligue Nationale de Rugby, XPeng entre dans le sport européen par le rugby français. La marque automobile chinoise partenaire du Top 14 à la suite du départ de Defender, n’a pas attendu longtemps pour se montrer auprès des fans. Le contrat a été signé en mars 2026, et XPeng était déjà présent à Marseille (Bouches-du-Rhône) pour les demi-finales du Top 14, vendredi 19 et samedi 20 juin. Samedi 27 juin, c’est au Stade de France que XPeng se montrera pour la finale. Il s’agit du premier contrat de sponsoring dans le sport signé par la marque en Europe. Le constructeur arrive dans un territoire laissé libre par Defender, ancien partenaire auto de la LNR.
Fondée il y a un peu plus de dix ans en Chine par He Xiaopeng, ingénieur informaticien, XPeng se présente d’abord comme une entreprise technologique. Son développement s’appuie sur l’électrique, l’intelligence artificielle, le logiciel embarqué et les véhicules définis par le logiciel. « Nous, on est nés du code,» résume Thomas Rodier, directeur marketing de XPeng France. La marque revendique aussi des travaux sur la voiture autonome, les robots et la mobilité aérienne. Elle entend ainsi se différencier des constructeurs automobiles traditionnels. Son discours repose sur l’idée d’un “smartphone sur roues” plus que sur une voiture thermique transformée en électrique.
Sur le marché européen, XPeng est présent dans 27 pays. En France, la filiale existe depuis un peu plus de deux ans et demi. Elle emploie aujourd’hui 35 personnes et approche les 6 000 clients. La marque revendique aussi 85 concessions actives. Selon Thomas Rodier, XPeng France réalise environ 600 ventes par mois. L’Hexagone serait désormais le premier marché européen de la marque en volumes mensuels. Le constructeur estime disposer d’un atout commercial identifiable : la vitesse de recharge. Le passage de 10 % à 80 % peut être réalisé en douze minutes sur certains modèles, selon la marque, un argument jugé central dans les enquêtes clients.
Une voiture volante au Stade de France ?
Le positionnement prix vise le haut de gamme accessible. XPeng commercialise aujourd’hui trois modèles en France : deux SUV et une berline P7+ récemment lancée. Son modèle le plus vendu démarre autour de 43 000 euros, pour une gamme située sous les 50 000 euros sur certaines versions. « On n’est pas là pour casser les prix. On est là pour rendre le haut de gamme plus accessible », indique Thomas Rodier. La France occupe une place particulière dans la stratégie européenne. Le marché automobile y est moins important que l’Allemagne en volume total, mais XPeng le considère comme le plus dynamique pour son développement.
Le rugby a été choisi pour élargir cette audience. La démarche est venue de XPeng France, qui a sollicité Infront afin d’ouvrir les discussions avec la LNR. Thomas Rodier dit avoir identifié l’opportunité après le départ de Defender. « Leurs clients sont aussi nos clients,» estime-t-il. La marque a préféré s’associer à la Ligue plutôt qu’à un club pour éviter un ancrage trop exclusif. Elle veut célébrer le rugby dans son ensemble et toucher un public CSP+, mais aussi des territoires où ses distributeurs sont déjà implantés. Le Sud-Ouest constitue justement un relais important, avec des groupes de concessions proches du rugby, comme Eden Auto, également partenaire de l’Union Bordeaux-Bègles.
Les premières activations doivent donner une visibilité concrète à ce partenariat. Lors des demi-finales, XPeng a exposé deux voitures autour du Vélodrome, à Marseille (Bouches-du-Rhône), et une “voiture volante” au Vieux-Port. « Une fois qu’on l’a vue, on a compris qu’on n’était pas un acteur automobile traditionnel,» affirme Thomas Rodier. La marque sera aussi visible sur les écrans de bord de terrain, les bancs de touche et le chiffre d’affluence. Des invitations clients et des concours sont prévus. Des opérations seront également déployées en concessions autour du Top 14 et du Bouclier de Brennus. A partir de la saison prochaine, XPeng veut aller plus loin avec des contenus data capables d’enrichir la lecture du jeu. La marque envisage aussi, à terme, d’intégrer ses robots à certaines activations : l’objectif n’est pas de mesurer directement les ventes, mais de construire une notoriété et une opinion sur plusieurs saisons.
© SportBusiness.Club – Juin 2026