27 juin 2026

Temps de lecture : 2 min

Le Marathon de Paris devant la Justice

ASO, qui a perdu l'organisation du Marathon de Paris, a déposé un référé précontractuel auprès du Tribunal Administratif de Paris. L'audience a eu lieu vendredi 26 juin 2026. Nous y étions.

Battu lors du dernier appel d’offres pour l’organisation du Marathon de Paris, Amaury Sport Organisation (ASO), qui gérait la course depuis 1998, est passé à la contre attaque. La filiale du groupe Amaury, organisateur par ailleurs du Tour de France, a été écartée lors d’un vote du Conseil de Paris le 20 mai 2026, au profit du groupement, baptisé Cadence et rassemblant Havas Events, Keneo et Avena Event. ASO a contesté l’attribution de cette concession devant le Tribunal Administratif de Paris. Ce n’est pas le cas pour le troisième candidat, le duo Playground/O-Connection.

Lors d’une audience qui s’est tenue vendredi 25 juin à l’Hôtel d’Aumont, siège de l’institution, dans le 4e arrondissement de la capitale, les avocats d’ASO ont affirmé que la procédure d’attribution avait été entachée d’irrégularités. Ils ont demandé l’annulation pure et simple du marché. Maître Yann Aguila a pointé des “lacunes” et a dénoncé, d’autre part, le manque d’expérience du nouvel attributaire, Cadence, en matière d’événements de cette ampleur.

L’avocat a aussi fustigé une méthode de notation irrégulière intégrant, selon lui, des “critères inédits” hors du règlement initial, ainsi qu’une notation financière incompréhensible. ASO a indiqué avoir proposé un revenu garanti de 4 millions d’euros par an : c’est 500 000 euros de mieux que Cadence qui aurait été sur ce volet économique le moins disant des trois candidats. ASO avance aussi une mauvaise lecture de la part de la Ville de Paris, de son offre tarifaire notamment avec des dossards aux tarifs accessibles ou solidaires.

ASO n’est pas “propriétaire” du Marathon

De son côté le groupement Cadence, par la voix de son avocate, estime qu’ASO a une vision “propriétaire” de l’événement. Maître Emmanuelle Mignon a balayé les critiques sur l’inexpérience de son client en mettant en avant la puissance logistique d’Havas Events qui “a assuré l’organisation opérationnelle de la spectaculaire cérémonie d’ouverture des JO 2024”. Le groupement lauréat souhaiterait insuffler un “nouveau souffle” à la course en s’inspirant du modèle de New York.

Maître Régis Froger, pour la Ville de Paris, a, lui, minimisé une “erreur matérielle” du règlement de consultation et justifie le choix final par la recherche d’une viabilité financière globale et d’un renouvellement d’image.

Au terme des débats, le président du tribunal a ordonné le report de la clôture de l’instruction à lundi 29 juin afin de permettre à la Ville de Paris de lui produire le rapport confidentiel d’analyse des offres. La décision finale, qui déterminera la suite de la concession de l’épreuve parisienne pour les quatre prochaines années, est attendue d’ici tout début juillet. Un verdict décisif. (Avec P.B.)

© SportBusiness.Club – Juin 2026

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