Institution publique. Dans un rapport publié mardi 30 juin 2026, la Cour des comptes critique la stratégie de l’Etat portée par l’Agence nationale du sport (ANS). Bras armé de la politique sportive, elle consacre en moyenne 70 millions d’euros par an aux équipements dits “structurants”, comme les gymnases, piscines ou stades. Un montant qui fait d’elle un “co-financeur minoritaire”, le financement de ces infrastructures restant très majoritairement assuré par les collectivités locales.
La juridiction financière juge cette politique “marquée par une dispersion des crédits qui en atténue la portée stratégique”. Elle pointe aussi “une architecture administrative et financière particulièrement complexe”. Selon la Cour, l’absence de hiérarchisation des priorités, fondée sur les besoins territoriaux ou la vétusté des équipements, fragilise la pertinence de cette action publique. Auditionné au Sénat, Nacer Meddah, président de la troisième chambre de la Cour des comptes, a estimé qu’“il demeure difficile d’apprécier l’impact concret des financements accordés”. La Cour recommande de clarifier d’ici 2027 la stratégie de financement de l’Etat.
Egalement auditionnée, Marie-Cécile Tardieu, directrice générale de l’ANS, a rappelé que l’agence “exécute les instructions que lui donne son ministère de tutelle”. Elle a reconnu que “les contraintes budgétaires et les nouvelles priorités ont sans aucun doute nui à la lisibilité des dispositifs”. En poste “depuis 100 jours”, elle défend toutefois “un effet de levier positif”, notamment pour des stades de football en territoires ruraux carencés, quartiers prioritaires et outre-mer. La commission des finances du Sénat a adopté les recommandations de la Cour. (Avec AFP)
© Sport Business Club – Juillet 2026