8 juillet 2026

Temps de lecture : 2 min

Ubisoft “fier” d’être l’unique éditeur français de l’EWC

Partenaire de l’Esports World Cup, Ubisoft veut profiter de l’arrivée de l’événement en France pour renforcer la visibilité mondiale de ses licences. L’éditeur français y voit aussi un levier pour accélérer la reconnaissance de l’esport comme industrie du divertissement.

Interview. Seul éditeur tricolore associé à l’Esports World Cup (EWC) dont le coup d’envoi est donné ce jeudi 9 juillet 2026 à Paris, Ubisoft aborde cette première édition en Europe comme un rendez-vous stratégique. Présent avec deux titres, Rainbow Six et Trackmania, le groupe entend dépasser le seul cadre de la compétition. L’enjeu est aussi commercial, médiatique et institutionnel.

Pour son vice-président marketing et esport François-Xavier Deniele, l’EWC doit permettre d’élargir les audiences, d’attirer des marques plus grand public et de montrer la capacité de l’esport à rassembler ses acteurs autour d’un événement mondial.

Quel est l’enjeu majeur pour Ubisoft dans cette Coupe du Monde de l’Esport ?

François-Xavier Deniele : « Nous sommes extrêmement fiers d’être l’unique éditeur français partenaire de l’Esports World Cup (EWC), où nous sommes représentés par deux titres majeurs : Rainbow Six et Trackmania. Au-delà de la compétition, l’enjeu principal est le rayonnement global de l’e-sport. C’est un moment charnière pour notre industrie : l’EWC braque les projecteurs sur notre secteur et permet d’engager une nouvelle génération de spectateurs. Le fait que cet événement se déroule pour la première fois en Europe, et plus particulièrement en France, renforce son importance stratégique pour nous en termes d’exposition et de collaboration avec d’autres acteurs du milieu ».

Quand vous parlez de partenariat, de quoi s’agit-il concrètement ?

F-X.D. : « C’est une intégration profonde. Nos deux jeux, Trackmania et Rainbow Six, font désormais partie intégrante de notre circuit compétitif international. Par exemple, le vainqueur de l’EWC sur Rainbow Six obtient une place qualificative pour notre propre Championnat du Monde dans six mois. Nous avons également agi comme un facilitateur pour l’implantation de l’événement en France, en aidant les organisateurs à comprendre les spécificités du public français et à établir des liens avec les clubs locaux. L’idée est de démontrer la puissance de l’e-sport aux institutions et au grand public ».

Pensez-vous que cet événement permette d’attirer des marques grand-public, “non-endémiques” à l’univers e-sport ?

F-X.D. : « Absolument. L’ampleur et la durée de cet événement multi-jeux permettent d’attirer des partenaires puissants qui investissent habituellement dans le sport traditionnel, tels que Hilton ou Sol Alliance. Nous utilisons un modèle similaire à celui des Jeux Olympiques : une compétition globale incite les communautés à s’intéresser à des jeux qu’elles ne suivraient pas forcément de manière isolée. Cela nous offre une visibilité exceptionnelle, bien au-delà de notre audience habituelle ».

Quelles retombées attendez-vous à plus long terme pour Ubisoft ?

F-X.D. : « Bien sûr, nous espérons attirer davantage de joueurs, mais notre vision est avant tout sur le long terme. Nous voulons que l’intérêt suscité par l’EWC se transforme en un engagement durable envers nos écosystèmes. Cela consolide également notre position d’acteur majeur mondial aux côtés de leaders comme Riot ou Tencent. L’objectif est d’accompagner la « mainstreamisation » de l’e-sport pour qu’il soit reconnu comme une industrie du divertissement à part entière, parfaitement adaptée aux attentes des nouvelles générations ».

Comment percevez-vous la concurrence entre les différents éditeurs sur ce marché ?

F-X.D. : « C’est un marché très concentré avec seulement quatre ou cinq acteurs capables de remplir des stades à l’échelle mondiale. De notre point de vue, la concurrence est saine et nécessaire : nous avons besoin des autres pour faire grandir l’industrie dans son ensemble. Plutôt que de travailler chacun dans notre coin, nous privilégions la collaboration pour exposer nos audiences respectives à une plus grande diversité de jeux. Si chaque titre conserve son identité et ses valeurs, c’est en unissant nos forces que nous ferons rayonner l’e-sport le plus efficacement possible ».

Entretien : Titouan Laurent
© Sport Business Club – Juillet 2026

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