Etude. La Ligue 1 reste dans le Big Five européen. Mais l’écart se creuse. Selon l’édition 2026 de l’Annual Review of Football Finance publiée par Deloitte, les revenus cumulés des clubs français ont chuté de 15% sur la saison 2024/2025, pour atteindre 2,2 milliards d’euros. La France affiche ainsi la plus forte baisse parmi les cinq grands championnats européens. Dans le même temps, les revenus du Big Five ont progressé de 6%, à 21,6 milliards d’euros.
Le décrochage français s’explique d’abord par la baisse des revenus commerciaux selon Deloitte. Ils ont reculé de 26%, à 1,1 milliard d’euros. Cette contraction serait liée à la diminution des versements issus de l’investissement de CVC Capital Partners dans la filiale commerciale de la LFP (Ligue de football professionel). Ces distributions avaient soutenu les comptes des clubs depuis 2022.
La crise du diffuseur
La billetterie et les droits audiovisuels n’ont pas suffi à compenser. Les revenus Matchday ont progressé de 5%, portés notamment par le nouveau format des compétitions européennes. L’affluence moyenne a aussi augmenté de 3%, à 27 947 spectateurs. Les droits TV ont, eux, légèrement progressé à 700 millions d’euros. Mais la contribution de la LFP représente désormais moins d’un tiers de ces revenus, contre 59% un an plus tôt.
La crise de la diffusion pèse sur cette trajectoire. Après une seule saison, le contrat avec DAZN a été interrompu. La LFP a lancé Ligue 1+, sa plateforme directe aux consommateurs, en juillet 2025. Deloitte y voit un outil de contrôle et de relation directe avec les fans. Mais aussi une source d’incertitude à court terme, car le modèle éloigne les clubs des revenus garantis par les contrats TV traditionnels.
Le PSG, une économie à part
A lui seul, le Paris Saint-Germain représente 39% des revenus de la Ligue 1. Son chiffre d’affaires dépasse de plus de dix fois la moyenne des 17 autres clubs. Cette domination s’est accentuée avec son titre en Ligue 1, sa victoire en Ligue des champions et son parcours jusqu’en finale de la Coupe du monde des clubs.
Deloitte a relevé que les clubs avaient réduit leurs coûts salariaux de 7%, à 1,7 milliard d’euros. L’effort n’a pas suffi. Le ratio salaires/revenus est monté à 80%, contre 73% la saison précédente. Les pertes opérationnelles ont plus que doublé, à 600 millions d’euros. Les pertes avant impôt atteignent 500 millions d’euros.
(c) Sport Business Club – Juillet 2026