23 juillet 2026

Temps de lecture : 4 min

Florent Houzot (Bein Sports): “Nous avons dépassé nos objectifs publicitaires”

Interview. Après cinq semaines de compétition, Bein Sports, diffuseur de tous les matchs du Mondial 2026, revendique de fortes audiences, un bilan commercial supérieur aux objectifs et une présence numérique renforcée.

Le Directeur des programmes de Bein Sports, diffuseur officiel en payant des 104 matchs de la Coupe du Monde masculine de football 2026, qui s’est disputée du 11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Canada et au Mexique, revendique un bilan positif. La chaîne de sport a réuni 24,5 millions de téléspectateurs uniques, dépassé ses objectifs publicitaires et franchi le milliard de vues sur ses réseaux sociaux. Interrogé par Sport Business Club, Florent Houzot revient sur la mobilisation de ses équipes, les performances d’audience et les “pauses fraîcheur”. En revanche, il s’interroge sur l’opportunité du concert de mi-temps lors de la finale.

Quel bilan général dressez-vous de cette Coupe du Monde ?

Florent Houzot : « C’est un bilan plutôt très positif. J’ai surtout une impression de grande fierté que nous ayons pu, en très peu de temps, remettre en marche cette machine des gros événements sur beIN Sports. C’est une habitude que nous avons depuis 2012, mais là, c’était comme si nous avions arrêté la veille. Nous avons pu naturellement proposer une couverture du matin au soir pendant plus de cinq semaines. Je ressens personnellement un sentiment de réussite en voyant comment tous nos services, de l’antenne aux supports numériques en passant par la production, ont collaboré pour tenir la cadence. Finalement, c’était presque facile (sourire). Le seul défi que nous avions en amont était de nous assurer que nous tiendrions sur la durée. »

Êtes-vous également satisfait au niveau des audiences ?

F.H. : « Là aussi, le bilan est très positif car le dispositif envisagé en amont s’est révélé parfaitement adapté à cette compétition inédite. Il n’est pas possible de comparer ce tournoi aux précédents car il y avait beaucoup plus de matchs et une semaine et demie de compétition supplémentaire. Notre défi a été de traiter l’intégralité des 104 matchs de la même manière et avec un encadrement complet (plateau, présentateurs, consultants) pour chaque avant-match, mi-temps et débrief, peu importe l’horaire, même pour les matchs à 3h ou 5h du matin. En termes d’audience, nous avons touché plus de 24,5 millions de téléspectateurs uniques sur beIN Sports pendant la compétition. Les matchs de l’équipe de France ont réuni en moyenne 560 000 abonnés, et jusqu’à 800 000 pour la demi-finale France/Espagne avec un pic au-delà du million. Hors équipe de France, nous avons réalisé de superbes scores, comme les 314 000 téléspectateurs pour Argentine/Cap-Vert que nous diffusions en exclusivité entre minuit et 2h30 du matin. La finale, Espagne/Argentine, a également été un succès avec une moyenne de 720 000 personnes et un pic à pratiquement 900 000. Enfin, pour les supports numériques, c’est historique car nous avons dépassé le milliard de vues sur nos réseaux sociaux et franchi le cap des 40 millions de fans sur nos comptes. Cela fait de beIN Sports la première chaîne de sport française sur les réseaux. »

Et pour les magazines ?

F.H. : « Nous avions innové avec le “Big Show”, une émission quotidienne diffusée uniquement sur nos réseaux sociaux et avec Nico Colombien. Cela a aussi été une réussite. Nous avons touché plus de 4 millions de spectateurs uniques pour 60 millions de vidéos vues. Cela nous donne d’ailleurs des idées pour le futur, pour les prochaines compétitions comme la Coupe d’Afrique des nations (CAN), l’Euro 2028 ou la Coupe du Monde 2030. Ce type de format permet de toucher une audience plus jeune. »

Quel est le bilan commercial pour la publicité ?

F.H. : « Nous ne donnerons pas de chiffres précis. Ce que je peux dire, c’est que nous avons dépassé les objectifs fixés, et ils étaient pourtant ambitieux. Une centaine d’annonceurs ont répondu présents. L’importante nouveauté de ce tournoi a été la “pause fraîcheur”. Celle-ci a été très bien accueillie par le marché : cet espace a représenté 20 % de notre chiffre d’affaires publicitaire classique, hors sponsoring et digital. Bien que nous ne soyons pas à l’origine de ces pauses, nous nous adaptons aux règlements de la FIFA. Cela fut aussi le cas pour la mi-temps de la finale passée à 27 minutes en raison d’un concert exceptionnel. Par ailleurs, malgré la publicité, nous avons réussi à maintenir jusqu’à sept ou huit minutes d’analyse lors des mi-temps pour nos abonnés. »

En tant que journaliste, mais aussi directeur des programmes d’une chaîne de sport, que pensez-vous de ces pauses fraîcheur ?

F.H. : « J’ai plutôt envie de me définir comme un diffuseur de spectacles sportifs. C’est délicat. Si ces coupures nuisent à l’intensité du jeu toutes les 20 minutes, cela peut poser un problème au spectacle. Cependant, quand il fait plus de 35 °C, nous sommes alors sur une question d’intégrité physique des joueurs, et cela peut être primordial pour la qualité du spectacle à long terme. J’ai même remarqué que certains coachs se sont accommodés de ces pauses de manière positive afin de replacer leurs joueurs. C’est une expérience qu’il faut débriefer avec tous les paramètres. Si les décisions qui seront prises vont dans l’intérêt du spectacle sportif, eh bien, pourquoi pas les garder. Il n’y en aura pas lors de l’Euro 2028. »

Et pour le concert de mi-temps lors de la finale ?

F.H. : « Cette mi-temps de 27 minutes fut, en revanche, plus problématique. Nous avons perdu 16 % de notre audience en deuxième période à cause de cette attente prolongée. Le fan de football vient pour suivre une finale de Coupe du Monde, pas pour regarder un concert de cette durée au milieu de la rencontre. C’est un point que la FIFA devra probablement étudier. »

En tant que fan de football, avez-vous apprécié cette Coupe du Monde ?

F.H. : « Oui. Cela a été une belle Coupe du Monde, et cela malgré le volume de matchs. Ce nouveau format avec plus d’équipes a maintenu l’enjeu jusqu’au bout des poules pour les qualifications des meilleurs troisièmes. Sportivement, il y a eu de belles surprises comme la Norvège ou le Cap-Vert. Concernant l’équipe de France, on espérait évidemment la voir en finale, mais terminer dans le dernier carré sur 104 matchs reste une belle performance. L’Espagne était parmi les favoris, tandis que l’Argentine a impressionné par sa force de caractère, notamment contre l’Égypte où elle a remonté deux buts en fin de match. Le Maroc a aussi confirmé son statut en étant la dernière équipe africaine en lice. »

Entretien : Bruno Fraioli
© Sport Business Club – Juillet 2026

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