19 août 2026

Temps de lecture : 2 min

Droits TV : Rentrée sous pression à la LFP

La réforme du sport professionnel ouvre un chantier institutionnel majeur. Clubs, Ligue et Fédération doivent trouver un accord avant février 2027.

Alors que le championnat de France redémarre vendredi 21 août 2026, la rentrée s’annonce décisive pour le football professionnel français. Promulguée le 3 août 2026, la loi relative à l’organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel impose une refonte de la gouvernance. La Fédération Française de Football (FFF), la Ligue de Football Professionnel (LFP) et les clubs disposent de six mois pour bâtir un nouveau cadre. L’enjeu est de créer une société chargée de commercialiser les droits des championnats professionnels, aujourd’hui exploités par LFP Media.

Cette réforme intervient dans un contexte économique tendu. Le football français reste fragilisé par la crise des droits audiovisuels. L’échec de Mediapro en 2020, puis la rupture avec DAZN après une seule saison et l’appel d’offres infructueux de l’été 2025 ont fait chuter les recettes. La LFP a lancé sa propre plateforme, Ligue 1+, mais ses revenus restent loin des montants autrefois garantis par les diffuseurs. Les clubs doivent désormais composer avec une visibilité réduite sur leurs ressources.

« Ce qui était à l’origine de notre démarche, c’est le problème de la gouvernance dans le foot,» expliquait en juin dernier à l’AFP Laurent Lafon, sénateur UDI à l’origine du texte avec le sénateur LR Michel Savin. « Il y a une gouvernance qui a abouti à des mauvaises décisions, poursuit le sénateur. Et ça s’est vu ces dernières années, notamment sur la question des droits audiovisuels ». Michel Savin avait également alerté sur le déficit cumulé des clubs de Ligue 1 et Ligue 2, annoncé à plus d’un milliard d’euros par la DNCG.

Une nouvelle convention de subdélégation

La future société remplacera LFP Media. Les clubs en seront actionnaires, tout comme la FFF et le fonds CVC, entré au capital de la structure commerciale de la Ligue en 2022. Le changement vise à corriger une organisation dans laquelle les clubs, propriétaires des droits d’exploitation, n’étaient ni présents dans la gouvernance ni dans l’actionnariat de la société qui les commercialisait. Le périmètre exact de cette nouvelle entité reste toutefois à définir.

La commercialisation des droits TV lui reviendra. Son rôle pourrait aussi couvrir l’organisation des compétitions professionnelles. La FFF conserverait plusieurs fonctions régaliennes, dont l’arbitrage, la DNCG et les paris sportifs. Une convention de subdélégation devra donc préciser la répartition des missions, des moyens et des flux financiers entre la Fédération, la Ligue et la future société. Ce partage conditionnera l’équilibre économique du nouveau modèle.

La date butoir est fixée au 3 février 2027. En l’absence d’accord, les compétences et les moyens de la LFP remonteraient à la FFF. Une perspective que les acteurs veulent éviter. Le dossier divise déjà les clubs : le Paris Saint-Germain et Lille ont exprimé des réserves, tandis que Marseille et Lens soutiennent la réforme. Vincent Labrune, le président de la LFP, doit présenter les premières étapes lors de l’assemblée générale de la LFP, le 3 septembre. En parallèle, la Ligue étudie la possibilité d’un nouvel appel d’offres pour les droits TV avant la fin de l’année. (Avec AFP)

© SportBusiness.Club – Août 2026

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