Une soutane blanche et, dépassant légèrement sous l’ourlet, une paire de Nike. Il n’en fallait pas davantage pour faire courir ces images étonnantes du Pape Léon XIV et affoler les réseaux sociaux. Il n’y avait pas de contrat d’ambassadeur derrière ce placement de produit involontaire. Le souverain pontife portait des Nike Franchise Low blanches, ont rapidement déniché les experts. Il s’agit d’un modèle rétro inspiré du tennis des années 1970. Une paire qu’il possédait déjà avant son accession au trône de Saint Pierre. Pour l’Américain Robert Francis Prevost, devenu Léon XIV, la basket relève davantage du confort que du marketing.
Toutefois, le sport n’est pas un accessoire dans la vie du premier pape américain. Né à Chicago (Etats-Unis), Léon XIV a grandi avec la culture sportive nord-américaine. Lui-même, à 71 ans, pratiquerait régulièrement le tennis, passion qu’il entretiendrait encore sur les courts en terre battue du Vatican ou à Castel Gandolfo (Italie), relève la presse transalpine. Côté supporter, ses préférences le ramènent vers sa ville natale. Fan déclaré de baseball, le Pape suit les Chicago White Sox. Les Chicago Bulls en NBA et les Chicago Bears en NFL seraient également dans son univers sportif.
Raquette en main, Léon XIV s’exprime aussi sur le sport avec sa plume. A l’occasion des Jeux olympiques d’hiver 2026 qui se sont tenus à Milan et Cortina, le Pape s’est emparé du sport comme d’un sujet de société. En février dernier il a publié une lettre intitulée “Life in Abundance” Léon XIV y défend les vertus éducatives de la pratique, le dépassement de soi et sa capacité à créer du lien. Mais son regard est beaucoup moins tendre lorsqu’il aborde le sport professionnel : inflation financière, marchandisation, difficultés d’accès pour les jeunes, quête de la victoire à tout prix ou dopage figurent parmi les dérives pointées.
Le Vatican aux Jeux de Brisbane 2032 ?
Cette doctrine possède son terrain d’application. Au Vatican, Athletica Vaticana s’est progressivement imposée comme la vitrine sportive du plus petit Etat du monde. Créée sous le pontificat de François, l’association rassemble notamment des salariés du Saint-Siège, des citoyens vaticans et des Gardes suisses. Athlétisme, cyclisme, padel ou taekwondo figurent parmi les disciplines pratiquées. Le projet permet surtout au Vatican d’utiliser le sport comme outil de représentation, de dialogue et de diplomatie.
Le cycliste Rien Schuurhuis en a été le visage le plus visible. Le coureur helvético-néerlandais a porté les couleurs du Vatican lors de trois Championnats du monde sur route entre 2022 et 2024. Le football sert également de terrain diplomatique. Non reconnues par la Fifa, les sélections vaticanes disputent régulièrement des rencontres amicales, en particulier face à celles de la Principauté de Monaco. Des rendez-vous modestes par leur dimension sportive, mais qui confèrent au Saint-Siège une présence originale dans un univers international particulièrement codifié.
L’ambition sportive du Vatican pourrait bientôt changer d’échelle. Alors que Léon XIV doit entamer vendredi 25 septembre 2026 une visite en France, le petit Etat explorerait la possibilité de la création en son sein d’un Comité National Olympique. Une éventuelle présence aux Jeux de Brisbane (Australie) en 2032 serait envisagée. Cette perspective encore lointaine dépendrait de plusieurs affiliations institutionnelles. Derrière les sneakers et les échanges de balles de son Pape, le Vatican entend donc aussi jouer sur le terrain de la diplomatie sportive.
© SportBusiness.Club – Septembre 2026