Le surf a la cote sur les plages. La pratique progresse, avec un nombre inédit de surfeurs. Toutefois, derrière l’image de carte postale, la réalité industrielle est plus difficile. Les marques historiques cherchent encore un second souffle après les années fastes des décennies 1990 et 2000. Selon l’Association européenne des industriels de la glisse, le marché européen du surf dépasse désormais 2,2 milliards d’euros. Réunie fin septembre 2026 à Seignosse (Landes) par Eurosima, l’industrie européenne de la discipline a dressé le constat d’un marché profondément transformé depuis la pandémie.
Car, cette croissance de la pratique ne profite plus automatiquement aux acteurs historiques. Quiksilver, Rip Curl, Billabong ou Oxbow ont notamment subi les conséquences de leur passage sous le contrôle d’investisseurs financiers. Emmanuel Debruères, qui a repris Oxbow au groupe Lafuma en 2020, estime que la réduction des investissements a progressivement affaibli l’attractivité de certaines marques. Oxbow réalise aujourd’hui un chiffre d’affaires stable de 30 millions d’euros avec 120 salariés. La la fin des années 2000, ce volume était grimpé à 78 millions d’euros, avec deux fois plus d’effectifs.
Une concurrence élargie
Rip Curl Europe affiche pour sa part 60 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, sur un total mondial supérieur à 550 millions de dollars. Son PDG, Mathieu Lefin, estime que le secteur paie encore les excès d’une période où les volumes avaient fortement augmenté. Pour rebondir, la marque a notamment accepté de “renoncer à beaucoup de chiffre d’affaires”. Dans le même temps, le surf, devenu discipline olympique, attire toujours davantage de pratiquants et d’acheteurs de matériel.
La concurrence s’est toutefois élargie. Decathlon, Sport 2000 et Intersport représentent ensemble 55% du commerce français des articles de sport, selon l’Union Sport & Cycle. Decathlon occupe notamment une place importante sur l’entrée de gamme. Pour certains acteurs, cette démocratisation peut aussi alimenter le marché spécialisé lorsque les pratiquants progressent. Le textile reste davantage exposé à la fast fashion et aux marques reprenant les codes du surf. Pour Eurosima, l’enjeu consiste désormais à préserver l’identité de la filière tout en capitalisant sur l’augmentation du nombre de pratiquants (Avec AFP).
© SportBusiness.Club – Octobre 2026