21 octobre 2026

Temps de lecture : 4 min

Brett Gosper (NFL Europe) : “La NFL reviendra à Paris”

Interview. Le directeur de la NFL pour l'Europe et l'Asie-Pacifique analyse le développement de la ligue en France avec le premier match délocalisé de saison régulière au Stade de France.

Habitué à traverser l’Europe pour assister aux matchs délocalisés de la NFL, Brett Gosper s’apprête à vivre une grande première dimanche 25 octobre 2026. Le directeur de la puissante ligue américaine pour l’Europe et l’Asie-Pacifique, ancien joueur de rugby au Racing Club de France, va assister au premier match de saison régulière en France, au Stade de France (Seine-Saint-Denis).

À l’occasion de l’inauguration du NFL Shop dans le quartier parisien du Marais, l’Australien, ancien directeur général de World Rugby, est revenu, pour SportBusiness.Club, sur le développement de la NFL en France. Il détaille les ambitions de la ligue sur le territoire dans les années à venir.

Combien de personnes attendez-vous dans cette boutique d’ici dimanche ?

Brett Gosper : « Vous me posez déjà une colle (rires). Je ne sais pas, mais on espère que la boutique sera pleine et que les fans viendront acheter ou regarder ces magnifiques produits qui sont réalisés pour le NFL Paris Game. De tous ceux que j’ai vus dans les autres villes, je pense que c’est le plus beau. J’ai été surpris en rentrant : c’est vraiment spectaculaire. »

L’objectif de cette boutique est-il avant tout financier ou a-t-il une visée d’acculturation ?

B. G. : « C’est bien de vendre des produits, car on est là pour faire du business. Mais, dans le même temps, cela permet de transmettre la culture et l’ambiance de la NFL, avec ses couleurs et son spectacle. Ça fait aussi partie de l’image de la NFL. Donc, si les fans ne veulent rien acheter, ce n’est pas grave : qu’ils viennent voir et qu’ils s’imprègnent de l’ambiance. »

L’acculturation va aussi passer par la NFL House et les autres activations proposées tout au long de la semaine.

B. G. : « Tous ces espaces sont des points de contact pour permettre aux Français de rencontrer la NFL et d’en apprendre un peu plus sur la ligue. Ce n’est pas qu’un sport, c’est une culture, américaine certes, mais qui souhaite s’internationaliser. La NFL a beaucoup de respect pour la culture locale quand elle arrive pour un match. »

Combien y a-t-il de fans français ?

B. G. : « On mesure chaque année les personnes qui s’intéressent à la NFL. Il y a 12 millions de personnes en France qui déclarent être intéressées par la NFL. Parmi eux, un million se dit être de véritables fans de la ligue. Donc, le but, c’est d’agrandir ce public afin qu’il y ait de plus en plus de fans qui s’engagent réellement avec la NFL. »

Avez-vous constaté une hausse depuis l’annonce du match en France ?

B. G. : « On ne l’a pas mesuré depuis, mais on constate quand même une progression. Il y a beaucoup plus de bruit autour de la NFL depuis que ce premier match en France a été annoncé. Je remarque aussi que les fans sont partout. À chaque fois que j’indique travailler à la NFL, on me répond : “Ah oui, j’ai entendu qu’il y avait un match au Stade de France.” Donc il y a sûrement une augmentation de l’audience. Ce ne sont peut-être pas encore des fans engagés, mais on espère qu’ils vont le devenir. »

Les New Orleans Saints sont la franchise NFL qui possède les droits marketing sur le marché français. Qu’est-ce que cela signifie exactement ?

B. G. : « Si une franchise veut exercer ses droits marketing et commerciaux dans un pays étranger, il faut qu’elle en fasse la demande auprès de la NFL et qu’elle présente un programme ambitieux pour développer le marché et sa marque sur ce territoire. Les Saints ont été les premiers à le demander pour la France, et jusqu’à aujourd’hui, il n’y a que les Saints qui ont fait la démarche. On a remarqué par le passé que les franchises sont intéressées à développer leur marque et leurs droits marketing là où la NFL dispute ses matchs à l’étranger. Donc, je pense que d’autres franchises vont s’intéresser à la France après le match. »

Ces dernières années, les New Orleans Saints ne s’affichent pas dans le top des franchises au niveau sportif. N’est-ce pas plus compliqué de développer un intérêt sportif avec une équipe qui ne figure pas parmi les meilleures ?

B. G. : « Évidemment, les équipes remportant le Super Bowl attirent beaucoup plus de supporters. Toutefois, je pense qu’il y a un lien spécial et historique qui relie la France aux Saints, à la Nouvelle-Orléans et à la Louisiane. Les gens ne choisissent pas de supporter un club uniquement parce qu’il gagne des matchs. Surtout qu’en NFL, on peut voir une franchise en difficulté sportive une année devenir championne l’année suivante. »

Comment la NFL a-t-elle prévu l’après-match, après l’intérêt que va provoquer ce premier match en France ?

B. G. : « Déjà, notre présence en France est permanente. Un patron a été recruté pour s’en occuper [NDR : Matthieu Maignal]. Il est Français et vit ici. Nous avons déjà ouvert des bureaux. Donc, pour nous, l’objectif est de développer le marché 365 jours par an. Pour les matchs, on verra après. Quand la NFL choisit de délocaliser un match dans un autre pays, elle y revient régulièrement. Par contre, on ne connaît pas encore la cadence des matchs qui auront lieu à Paris. »

Quelle communication avez-vous prévue pour le flag, nouvelle discipline des Jeux olympiques de Los Angeles 2028 (États-Unis) ?

B. G. : « La présence d’une discipline aux Jeux olympiques est un aspect important dans le développement d’un sport. Le flag est en croissance dans beaucoup de pays et vingt millions de personnes le pratiquent dans le monde, dont la moitié aux États-Unis. Cela veut dire qu’il y en a dix millions ailleurs : c’est énorme. Devenir un sport olympique ouvre de nouvelles portes. Par exemple, les écoles et les universités s’y intéressent davantage et les gouvernements investissent plus. »

Allez-vous accélérer les relations entre la NFL et la Fédération française de football américain ?

B. G. : « On travaille déjà étroitement avec Frédéric Paquet*, le président de la FFFA, mais aussi avec l’IFAF, la fédération internationale présidée par le Français Pierre Trochet. On collabore tous ensemble pour faire rester le flag au programme olympique au-delà des Jeux de Los Angeles. »

© SportBusiness.Club – Octobre 2026

(*) Interview de Frédéric Paquet à lire dans “Paroles de Présidents” vendredi 23 octobre 2026 sur SportBusiness.Club

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