Au Paris FC, la mixité comme modèle de gestion du football
Lors du 2e Colloque Sport au féminin de SportBusiness.Club, Pierre Ferracci et Gaëtane Thiney ont détaillé le modèle du Paris FC pour structurer et développer son équipe féminine.
Invités d’honneur du 2e Colloque Sport au féminin organisé par SportBusiness.Club, Pierre Ferracci et Gaëtane Thiney ont, mercredi 20 mai 2026, détaillé la stratégie du Paris FC pour sa section féminine. Une vision construite autour d’un principe : ne pas traiter l’équipe féminine comme une entité à part, mais comme un actif sportif et économique central du club. « On a mis l’équipe féminine et l’équipe masculine à égalité de traitement,» a rappelé le président du Paris FC, en revenant sur l’accélération du projet après la fusion avec Juvisy en 2017.
Cette intégration repose d’abord sur des moyens. Pierre Ferracci souligne que le Paris FC a longtemps consacré “14 à 15% en moyenne sur les dernières années” de son budget global à sa section féminine. Un niveau élevé pour un club qui évoluait alors en Ligue 2 chez les hommes. Le résultat est probant : l’équipe féminine a servi de levier d’image. Les campagnes européennes face à “Chelsea, Arsenal, le Real ou le Barça” ont offert au Paris FC une exposition que le secteur masculin ne pouvait pas encore atteindre.
L’arrivée de la famille Arnault au capital doit ouvrir une nouvelle étape. « La famille Arnault qui est arrivée est très attirée par ce qu’on fait dans le foot féminin depuis l’origine,» a expliqué Pierre Ferracci. L’ambition est assumée : « s’installer dans le gotha du football européen ». Le président estime même que le Paris FC a rejoint le niveau du PSG, au moins cette saison, et veut désormais tenir la comparaison avec les clubs espagnols, allemands ou italiens.
Les mêmes standarts que les garçons
Gaëtane Thiney, nommée directrice sportive de la section féminine le 1er janvier dernier, porte cette continuité. L’ancienne internationale décrit une mixité concrète, plus qu’un discours. « La mixité est faite de manière factuelle et quotidienne,» a-t-elle affirmée. Les joueuses partagent « le bâtiment professionnel avec les garçons de la Ligue 1,» utilisent « les terrains hybrides de la Ligue 1 » et bénéficient des mêmes standards pour les déplacements, l’hébergement ou la restauration. « Chez nous, c’est normal,» a-t-elle résumé.
Cette égalité de traitement nourrit aussi l’attractivité du club. Gaëtane Thiney estime que le Paris FC a su créer un cadre capable de retenir des joueuses, même face à des offres supérieures. « On a gardé des filles avec des salaires où elles auraient pu gagner plus ailleurs, mais elles se sentaient bien dans cet environnement,» a expliqué l’ancienne joueuse qui insiste aussi sur le regard porté par son président Pierre Ferracci : « Je n’ai jamais ressenti avec lui ce côté infantilisant qu’on ressent parfois pour la section féminine ».
Le modèle reste toutefois fragile à l’échelle du championnat. Pierre Ferracci a plaidé pour des capitaux et des sponsors spécifiques afin d’éviter que les sections féminines ne soient sacrifiées lorsque les clubs traversent des difficultés. Il refuse aussi l’idée d’une séparation complète. « Moi je crois à la mixité,» a-t-il insisté, tout en évoquant une possible filiale commerciale féminine contrôlée par le club. Gaëtane Thiney partage ce constat. Pour elle, la Ligue des champions aide à recruter, mais la France doit garder un championnat fort. « Il faut aussi que notre ligue soit dynamique et provoque de l’émotion,» a-t-elle averti.