À la tête du Comité international olympique depuis sept mois, Kirsty Coventry s’apprête à donner un premier cap politique à son mandat lors de la 145e session organisée à Milan (Italie). Cette réunion du cénacle olympique, programmée dès mardi 3 février, juste avant l’ouverture des Jeux d’hiver de Milan-Cortina 2026, doit permettre à la présidente du CIO de présenter les premières orientations issues des groupes de travail lancés en juin dernier. Élue sur une promesse de renouveau, la Zimbabwéenne incarne une rupture symbolique, sans avoir encore clarifié sa feuille de route.
Parmi les chantiers engagés, plusieurs touchent au cœur du modèle olympique. L’un porte sur l’évolution du programme sportif, avec la recherche d’un équilibre entre taille des Jeux, pertinence des disciplines et attractivité des formats. Des pistes explorent une possible porosité accrue entre Jeux d’été et Jeux d’hiver, avec l’hypothèse d’intégrer à terme des disciplines comme le cyclocross ou le trail. D’autres réflexions concernent l’attribution des Jeux, leur modèle économique ou encore la rénovation des Jeux olympiques de la jeunesse.
Protection des féminines
Le dossier le plus sensible reste celui de la “protection de la catégorie féminine”. Un groupe de travail spécifique planche sur l’accès des athlètes transgenres et intersexes aux compétitions féminines, dans un contexte scientifique et politique tendu. Kirsty Coventry a confirmé qu’aucune décision ne serait prise à Milan, alors qu’elle évoquait encore en décembre un arbitrage début 2026. Depuis son élection, plusieurs fédérations internationales ont durci leurs règles d’éligibilité, notamment en instaurant des tests génétiques.
Cette prudence s’explique aussi par un environnement géopolitique contraint. Aux États-Unis, le président Donald Trump a signé un décret excluant les sportives transgenres des épreuves féminines, pesant indirectement sur le CIO à l’approche des Jeux de Los Angeles 2028. Kirsty Coventry devra composer avec Washington, tout en tentant de préserver la ligne nuancée défendue par l’instance depuis 2021. La session de Milan marque ainsi un premier test politique pour la nouvelle présidente du CIO. (Avec AFP)
© SportBusiness.Club – Janvier 2026