Les réseaux sociaux, actif média majeur du sport féminin
Selon The Metrics Factory, le sport féminin français a généré 6 milliards d’impressions en un an sur les réseaux sociaux. Une visibilité qui attire déjà athlètes, ayants droit et marques.
Le sport féminin français pèse lourd sur les réseaux sociaux : 6 milliards d’impressions générées, soit en équivalent publicitaire, 25 millions d’euros, rapporte l’étude réalisée par The Metrics Factory présentée mardi 2 juin 2026 dans le cadre d’un colloque organisé par Sporsora avec le soutien de FDJ United. Les sportives en sont le principal moteur de ces résultats avec 3,4 milliards d’impressions, soit 62% de la visibilité totale. L’analyse porte sur 300 sportives françaises, 90 ayants droit et 70 marques partenaires, entre février 2025 et février 2026. Cette enquête confirme aussi l’effet Paris 2024 : les communautés des athlètes ont progressé de 14% pendant les Jeux, puis encore de 10% jusqu’en février 2026.
Les sportives utilisent leurs comptes comme des médias personnels. Elles ont publié plus de 179 000 contenus en un an, soit deux par jour en moyenne. Les stories représentent 89% des publications. Instagram reste incontournable : 100 % des sportives étudiées y sont présentes. En deuxième position, surprise : LinkedIn avec 62%, notamment pour gérer l’après-carrière et les relations professionnelles. TikTok, utilisé par 28% du panel, devient un levier d’émergence pour la génération Z. Laure Boulleau est la sportive française la plus suivie, avec 2,1 millions d’abonnés cumulés. Violette Dorange, première sportive en activité, totalise 1,6 million d’abonnés. La pilote auto Doriane Pin se distingue par l’engagement, portée par ses collaborations avec Mercedes, la F1 Academy et des contenus à portée internationale.
Le PSG féminin loin devant
Les ayants droit accélèrent aussi. Les 90 structures analysées ont publié 96 000 contenus liés au sport féminin, en hausse de 35% sur un an, pour 2,1 milliards d’impressions. Les comptes dédiés au sport féminin rassemblent 9,1 millions d’abonnés. Le Paris Saint-Germain féminin domine avec 2,6 millions d’abonnés, devant les OL Lyonnes et le Tour de France Femmes. Roland-Garros obtient la plus forte visibilité sur les contenus féminins grâce à ses comptes globaux. The Metrics Factory souligne ici un enjeu stratégique : arbitrer entre comptes dédiés, plus affinitaires, et comptes mixtes, plus puissants en couverture.
Côté marques, le potentiel apparaît comme sous-exploité. Sur dix annonceurs dédiés au sport féminin étudiés, 1 300 contenus ont généré 92 millions d’impressions et 1,6 million d’engagements, soit un équivalent média de 500 000 euros. Évian est la marque la plus visible, grâce au tennis et au golf féminin. Arkema génère le plus d’engagement, portée par son ancrage dans le football féminin et sa verticale Arkema Sport. FDJ United illustre une approche multisports et sociétale. Quentin Gressien recommande aux annonceurs de mixer sponsoring d’athlètes et partenariats avec des ayants droit. Il conseille aussi de privilégier les collaborations, les formats carrousel et vidéo, et de ne pas surexposer la marque. Un contenu trop publicitaire sous-performe. Le sport féminin gagne donc en valeur quand il reste incarné, régulier et authentique.