16 mars 2026

Temps de lecture : 3 min

“Sports Illustrated France sera une plateforme globale”

Interview. Dominique Busso, Pdg du groupe de presse 360 Business Media, s'apprête à lancer Sport Illustrated  en France. Il dévoile les objectifs et le modèle économique du titre référence de la presse sportive aux États-Unis.

Après avoir lancé l’édition française de Time, en décembre 2025, le groupe de presse 360 Business Media s’attaque à Sport Illustrated. Une version francophone du célèbre magazine américain de sport va sortir dans quelques mois, avant l’été 2026. Dominique Busso, le Pdg de l’entreprise qui a décroché cette célèbre franchise dévoile à SportBusiness.Club la stratégie éditoriale et le modèle économique qu’il compte mettre en place pour le titre.

Adapter Sports Illustrated en France, n’est-ce pas un pari audacieux ?

Dominique Busso : « Je préfère parler de défi. Dans le sport, un défi se gagne par l’entrainement, alors qu’un pari a une connotation plus aléatoire. C’est aussi un grand honneur car il s’agit d’une marque iconique. Le hasard fait qu’en fouillant dans des archives, il y a quelques semaines, j’ai retrouvé un exemplaire de Sports Illustrated que j’avais acheté il y a 25 ou 30 ans. Je connais la marque depuis longtemps pour avoir vécu aux Etats-Unis, mais à aucun moment je n’avais pensé que je pourrais la lancer un jour en France.»

Comment avez-vous obtenu cette licence ?

D.B : « Tout est parti d’une rencontre à la fin de l’été dernier avec l’entrepreneur canadien Jamie Salter. Lui, a fondé Authentic Brands Group il y a une quinzaine d’années. Il souhaitait étendre Sports Illustrated, qui existe déjà au Mexique et en Allemagne, à de nouveaux marchés stratégiques. La France s’est imposée comme un marché majeur grâce à un écosystème sportif très poussé, porté par les futurs Jeux d’hiver des Alpes 2030, le rayonnement de grandes compétitions sportives comme le tournoi de Roland-Garros, la puissance du Paris SG, ou encore le Grand Prix de Monaco dans le territoire francophone. Ce qui a convaincu également Jamie Salter, c’est aussi l’approche de 360 Business Media. Nous ne voyons pas le média seulement comme un support textuel, mais comme une plateforme globale articulant print, digital, événementiel et expérientiel. Cette vision s’aligne parfaitement avec sa stratégie de développement pour Sports Illustrated, qui est son unique actif média au milieu de marques de mode telles que Billabong, Dockers ou encore Guess, acquise récemment».

Sport Illustrated aura-t-il des similitudes avec Time France en termes de format et de diffusion ?

D.B : «Tout à fait, nous sommes exactement sur le même format que pour Time France. Cette nouvelle édition ne se limite pas à la France métropolitaine, mais couvre tous les pays francophones limitrophes : la Belgique, la Suisse, le Luxembourg et Monaco. Ce sera un trimestriel pour le print, accompagné d’une édition quotidienne sur le web. Le lancement est prévu avant juillet 2026.»

Quelle sera votre marge de manœuvre en termes de contenus ?

D.B : «Nous avons une liberté éditoriale sur le choix des unes et des sujets, mais sous un contrôle de la marque. Le futur rédacteur en chef, que je suis en train de recruter, sera en contact constant avec les équipes éditoriales américaines pour garantir le respect de l’ADN et l’image de marque du média. Sur le print et le web, nous diffuserons quelques sujets qui proviendront de l’édition américaine mais la majorité du contenu sera produite localement car les sports populaires aux États-Unis, comme le football américain ou le baseball, ne sont pas les mêmes en Europe. Nous allons donc créer un contenu spécifique pour le territoire francophone. Par ailleurs, nous prévoyons aussi de lancer une version de la célèbre édition spéciale américaine « Swimsuit » (maillots de bain) et sur le plan événementiel le Trophée du sportif de l’année sur le modèle de celui organisé par Sports Illustrated aux Etats-Unis.»

Dominique Busso

Comment le titre se positionnera face à L’Équipe Magazine ?

D.B : « L’Équipe Magazine est une institution et un monument du média sportif qui ne sera jamais remis cause. À ma simple mesure, je souhaite proposer une plateforme premium complémentaire centrée sur l’actualité sportive nationale et internationale, les Success Stories et les rouages du secteur. Notre approche se veut avant tout humaine, mettant en lumière les trajectoires de ceux qui font le sport : athlètes, agents et marques… L’objectif est de décrypter les mécanismes de l’écosystème sportif pour en révéler les dimensions économiques, culturelles et sociétales

Quel sera le modèle économique du Sport Illustrated français ?

D.B : « L’enjeu économique repose sur un modèle d’équilibre à trois piliers. Notre modèle combine la publicité sur le print et le digital, la vente au numéro et les abonnements et, enfin, des événements propriétaires et des activations expérientielles. Nous n’installerons pas de paywall sur le site. En revanche, nous croyons en une monétisation sur la publicité, l’événementiel et l’expérientiel. L’objectif idéal est d’atteindre une répartition d’un tiers des revenus pour chacun de ces trois leviers

Quels objectifs vous êtes-vous fixés ?

D.B : « Plus que des chiffres de vente, mon ambition est la reconnaissance et l’influence. D’ici un, deux ou trois ans, j’aimerais que Sports Illustrated soit reconnu et respecté comme un acteur majeur de l’écosystème sportif francophone. Nous voulons être au carrefour des tendances sur ce territoire. L’enjeu est de respecter l’ADN d’une marque américaine de 70 ans tout en l’adaptant avec succès à la culture francophone.»

Entretien : Françoise Latour
© SportBusiness.Club – Mars 2026

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