Business. Après les frères Lebrun voici les Popov : Christo, numéro 1 mondial de badminton, premier français à ce niveau en simple, et Toma Junior, son grand frère, qui pointe au 13e rang. Le duo est la nouvelle locomotive de la discipline en France. Ils incarnent la “Team Popov”, une véritable marque commerciale créée en 2018 par le papa de la fratrie, Toma, ancien badiste. La structure encadre la préparation sportive des deux frères et les représente auprès des marques et des organisateurs. Cela n’empêche pas chacun de disposer de sa propre société d’image pour les contrats de sponsoring, comme c’est le cas avec l’équipementier Yonex.
Chez les Popov, les affaires sont gérées en interne, sans recours à un agent, encore moins à une agence. La stratégie commerciale est claire, mais pas forcément encore payante. « C’est extrêmement difficile pour être honnête, confie Toma Popov à Sport Business Club. Pour l’heure nous nous contentons de partenaires locaux et du soutient d’amis. Il n’y a pas de vrais sponsors. L’idée est de commercialiser Christo et Toma Junior ensemble. C’est moi qui a eu la volonté de créer la marque Team Popov, avec un logo, une identité et des réseaux sociaux. C’était il y a longtemps, pour les accompagner et créer une émulation autour d’eux. »
Un sport qui coche de nombreuses cases
Le projet reste familial, malgré des tentative d’approche de “professionnels” plus ou moins sérieux. Toma Popov avoue n’avoir pas encore trouvé l’associé idéal pour un accompagnement commercial. Lui, en est persuadé : le potentiel est là. Sportivement, les deux frères n’ont jamais été si bien placés. Sur les réseaux sociaux, Christo Popov cumule 134 000 abonnés sur Instagram et son frère 93 000. La Team Popov, qui a son propre compte, en rassemble 29 000.
« Il y a un vrai parallèle avec les frères Lebrun en terme de narratif commercial,» observe Etienne Thobois. L’ex-Directeur général de Paris 2024, olympien de badminton est vice-président de la fédération internationale (BWF). Il croit au développement commercial de la fratrie et de la discipline en France. « Si j’étais une marque, je m’y intéresserait sérieusement : que ce soit pour les frères Popov, mais aussi pour les autres français. Le badminton est une discipline qui coche de nombreuses cases. C’est un sport puissant au niveau scolaire, avec 250 000 licenciés et une présence très forte en Asie. »
Une agence commerciale pour la Fédération
L’émergence médiatique et sportive des frères Popov bénéficie à la Fédération Française de Badminton (FFBaD). Avec le titre de champion du monde d’Alex Lanier et le sacre du duo Thomas Gicquel-Delphine Delrue en double mixte en août 2026, l’instance attend maintenant des retombées. Pour l’aider, elle se fait accompagner en exclusivité par le cabinet de conseil A.L.P Sport depuis l’été 2026.
Après appel d’offres en 2025, la fédération a aussi électionné pour la première fois une agence de communication globale. Ainsi, Comquest dispose d’un contrat jusqu’en 2029 et pilote les campagnes de rentrée, le branding de France Badminton, la nouvelle marque commerciale de la FFbad et les différentes prises de parole tout au long de l’année.
« Grace à leur incarnation, comme les frère Popov, la Fédération a davantage de visibilité médiatique, estime Anthony Dominique, directeur du pôle sport de l’agence. Maintenant, il fallait qu’elle se structure pour communiquer de manière cohérente. Il y a eut une vraie mise à niveau pour accompagner le développer du badminton en France. »
Plus de 15 millions d’euros pour la Maison du Badminton
En parallèle, la FFBaD, qui a lancé la marque commerciale “France Badminton” il y a un an, prévoit de s’installer dans sa Maison du badminton à Tremblay-en-France (Seine Saint-Denis), à proximité de l’Arena Grand Paris, qui accueille depuis cette année les Internationaux de France. Attendu à l’horizon 2028-2029, cette infrastructure doit regrouper le siège fédéral, actuellement à Saint-Ouen, neuf terrains de badminton, un club-house, un restaurant et des espaces de réception.
L’investissement est estimé à 16,5 millions d’euros, dont 6,5 millions de financements publics recherchés. La Fédération prévoit d’apporter entre 1,5 et 2 millions d’euros de fonds propres et de recourir à un emprunt d’environ 8 millions d’euros sur 25 ans comme l’a expliqué le président de la Fédération, Franck Laurent, au média Décideurs du Sport.
© Sport Business Club – Octobre 2026