Après deux ans de fermeture, le site de Guyancourt retrouve ses joueurs. Modernisé, il ambitionne de renforcer son rôle dans le golf français et international.
Prochain arrêt : le Golf National. Fermé durant 24 mois en raison des travaux titanesques de la ligne 18 du Grand Paris Express, le parcours de l’Albatros, à Guyancourt (Yvenlines), rouvre au public mardi 1er septembre 2026. Dès le 24 septembre, il accueillera l’Open de France. Le site sera l’un des rares parcours au monde à disposer d’une station de métro à proximité… mais il faudra toutefois attendre 2030. La Fédération Française de Golf (FF Golf) a profité de cette fermeture pour offrir un lifting à l’infrastructure, parfois présentée comme le Clairefontaine du golf. « Mais ici, tout le monde peut venir, professionnels, amateurs et grand public,» explique Christophe Muniesa, directeur général de la fédération.
« Nous avons mis à profit la période de fermeture obligatoire pour éliminer les derniers petits défauts du tracé et exploiter pleinement ce temps d’arrêt,» raconte le dirigeant. Pour lui, le Golf National reste le “vaisseau amiral” des 740 installations de golf en France. Au total, 12 millions d’euros ont été investis, dont 7,5 millions d’euros par la Société des grands projets pour l’enfouissement de la ligne de métro sous le practice. Trois trous ont été redessinés : les 4, 5 et 6.
Cette réouverture remet en service un équipement déjà associé à la Ryder Cup 2018, aux Championnats du monde amateurs 2022 et aux Jeux olympiques de Paris 2024. L’Open de France doit désormais contribuer à relancer sa visibilité internationale. « L’attractivité d’un parcours qui se modernise et occupe le devant de la scène internationale est une réalité : il aimante les meilleurs mondiaux,» assure Christophe Muniesa. Le tournoi accueillera notamment Tommy Fleetwood, Viktor Hovland, Ludvig Åberg, Patrick Reed et Cameron Smith.
Sobriété environnementale
Le chantier répond aussi aux enjeux environnementaux liés à l’exploitation des golfs. Les graminées ont été remplacées et les systèmes d’irrigation et de drainage ont été restructurés. La FF Golf souhaite faire de cette transformation une référence pour le secteur. « Cette démarche de sobriété […] doit servir d’impulsion à l’ensemble des golfs français,» indique Christophe Muniesa. Il rappelle que “92 % des golfs français utilisent une eau impropre à la consommation humaine pour leur entretien”.
Des rangées de panneaux solaires ont par ailleurs été installées sur les ombrières du parking et sur le toit du nouveau bâtiment de maintenance. Le site, qui accueille également un hôtel Novotel, vise à terme une certaine autonomie énergétique. « L’ensemble de notre flotte de tondeuses sera bientôt électrique, et ce n’est pas rien,» ajoute Christophe Muniesa.
Le nouveau cycle doit enfin soutenir la fréquentation. Avant sa fermeture, le Golf National recevait environ 50 000 joueurs par an, dont 25% venus de l’étranger. Le site vise une hausse de 5% de sa clientèle française d’ici 2027 et de 10% pour la clientèle internationale. Son rôle de vitrine nourrit aussi une ambition plus lointaine : accueillir la Solheim Cup, l’équivalent féminin de la Ryder Cup. « C’est une ambition majeure et la seule grande compétition internationale qui manque encore au palmarès du Golf National,» déclare Christophe Muniesa. La candidature est envisagée pour après 2030 et les Jeux d’hiver des Alpes.