21 octobre 2026

Temps de lecture : 2 min

Javier Tebas préfère la rentabilité de LaLiga aux revenus de la Premier League

A Monaco, lors du Sportel, le président de LaLiga, Javier Tebas, a défendu le modèle économique du football espagnol face à celui de la Premier League.

L’adage est connu : l’argent ne fait pas le bonheur. Pour Javier Tebas, président de LaLiga, la Premier League, championnat le plus riche d’Europe, n’est pas nécessairement le modèle à suivre. Lors d’une table ronde organisée mardi 20 octobre 2026 au Sportel, dans la principauté de Monaco, le dirigeant, interrogé sur la domination économique du championnat anglais, a relativisé l’avance de son concurrent. « La Premier League est numéro un en revenus, mais elle est aussi numéro un en pertes financières, a-t-il lancé. Je préfère être numéro deux en revenus avec une compétition financièrement saine et soutenable. »

Selon les chiffres avancés par le patron de la ligue espagnole, la Premier League aurait cumulé environ 1,5 milliard d’euros de pertes au cours des dix dernières années, contre 70 millions d’euros pour LaLiga. Javier Tebas s’appuie sur ces données pour défendre son modèle de régulation… qui se traduit malgré tout par des pertes. Il dénonce la dépendance de certains clubs anglais aux injections régulières de capitaux de leurs propriétaires. « Une compétition ne peut pas dépendre indéfiniment des réinjections de capitaux de ses propriétaires ou de mécènes,» a-t-il insisté. Selon lui, cette situation alimente également l’inflation des salaires des joueurs.

Le président de LaLiga défend ainsi le contrôle économique imposé aux clubs espagnols, dont les dépenses sont encadrées en fonction de leurs revenus. « Il est indispensable que le football soit régulé par de vrais contrôles économiques où chaque club ne dépense que ce qu’il génère,» a-t-il expliqué. Selon lui, cette discipline financière constitue une condition de la pérennité du football professionnel et permet de limiter les déséquilibres entre clubs.

Manchester City et PSG critiqués

Javier Tebas a également renouvelé ses critiques contre Manchester City et le Paris Saint-Germain, qu’il qualifie régulièrement de “clubs-États” et dont il dénonce depuis plusieurs années les pratiques financières. « Il est crucial pour l’écosystème du football européen que justice soit faite et que des sanctions soient appliquées,» a-t-il déclaré.

Le dirigeant espagnol entend par ailleurs poursuivre la valorisation des droits audiovisuels de LaLiga, commercialisés dans plus de 100 territoires. Il mise notamment sur la lutte contre le piratage pour protéger leur valeur. Selon lui, les blocages dynamiques mis en place pendant les matchs ont permis de réduire de 60% la consommation illégale sur les flux concernés en Espagne. Cette baisse favoriserait les abonnements payants et renforcerait la valeur des contrats de diffusion.

LaLiga souhaite aussi améliorer l’expérience télévisuelle grâce à l’utilisation de nouvelles caméras et à des dispositifs rapprochant les téléspectateurs des joueurs. Javier Tebas voit enfin dans l’intelligence artificielle une opportunité de multiplier les extraits de matchs, les résumés et les contenus destinés aux réseaux sociaux. « C’est dans les vidéos courtes, les extraits et les résumés que les ligues et les clubs disposent enfin d’une véritable possibilité de monétisation,» a-t-il affirmé.

© SportBusiness.Club – Octobre 2026

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