24 juin 2026

Temps de lecture : 3 min

“Nous avons une année encore pour développer le marketing de NBA Europe”

Interview. Avec l'arrivée prochaine de la NBA Europe, la ligue américaine de basket-ball veut accélérer son ancrage sur le continent, détaille Laura Pinnell, VP Consumer de la ligue en Europe et au Moyen-Orient.

Interview. Aux États-Unis, la NBA (National Basketball Association) vient tout juste de clore sa saison 2026/2027 marquée par le sacre des Knicks de New-York. Toutefois, l’heure n’est pas aux vacances. Mercredi 24 juin 2026, la ligue de basket-ball professionnelle nord-américaine avait fait le déplacement à Cannes (Alpes-Maritimes). Ce n’était pas pour se mettre les pieds dans l’eau mais pour les Lions Cannes, le Festival international de la publicité. « Nous sommes ici pour de parler de nos activités, de la manière dont nous développons la communauté de fans de la NBA en Europe et nous en profitions pour rencontrer des partenaires potentiels,» a confié Laura Pinnell, VP Consumer de la ligue en Europe et au Moyen-Orient à SportBusiness.Club

Pourquoi l’Europe et la France représentent-elles un marché important pour la NBA ?

Laura Pinnell : « Nous organisons des matchs en Europe depuis la fin des années 1970. Le lien entre l’Europe et la NBA est donc très fort. Le match à Paris, en janvier 2027, sera d’ailleurs le 100e match de la ligue en Europe. Il y a aujourd’hui 270 millions de fans. Le basket-ball est le deuxième sport dont la croissance est la plus rapide sur le continent. La NBA compte aussi 71 joueurs européens, soit quatre fois plus que toute autre région. L’opportunité est donc immense. »

Quels sont les objectifs de développement de la ligue ?

L. P. : « Nous axons principalement nos efforts sur l’augmentation du nombre de fans et sur le développement de cette base. C’est pour cela que nous souhaitons lancer NBA Europe. Nous nous concentrerons sur des villes clés en Europe : Paris, Londres (Royaume-Uni), Milan et Rome (Italie). Mais nous nous ancrerons également dans des villes comme Madrid (Espagne) et Istanbul (Turquie), où le basket-ball est déjà bien implanté dans la culture locale. »

Beaucoup de ces équipes participent à l’EuroLeague. Quels sont vos liens avec l’EuroLeague et la Fédération internationale de basketball (FIBA) ?

L. P. : « Nous sommes partenaires de la FIBA. Nous collaborons avec elle sur ce projet depuis longtemps. Nous sommes également en discussion avec l’EuroLeague. Ces discussions progressent et d’autres échanges auront lieu dans les prochaines semaines. Nos dirigeants se sont réunis fin juin et se réuniront à nouveau en juillet pour examiner d’autres options. »

Quand sera lancée NBA Europe ?

L. P. : « Nous prévoyons un lancement en octobre 2027. Il nous reste donc une grosse année, avec pas mal de travail sur l’image de marque et le marketing, mais aussi sur le plan opérationnel, sur lequel nous travaillons en coulisses en ce moment. »

Une ville comme Lyon (69) pourrait-elle représenter une autre opportunité ?

L. P. : « Pourquoi pas. La France est un marché énorme pour nous. Il y a déjà huit millions de fans de NBA en France. Depuis les Jeux olympiques de Paris 2024, le nombre de fans de basket a augmenté de deux millions. De nombreuses villes françaises ont donc des opportunités. »

Quel est l’objectif des délocalisations de matchs de saison régulière ?

L. P. : « C’est un moyen de fidéliser les fans. Leur engagement commence par le visionnage en direct. C’est aujourd’hui primordial. La finale à laquelle nous venons d’assister a été incroyable. Avec la présence des New York Knicks, qui sont une marque mondiale très reconnue, et de Victor Wembanyama, qui inspire la future génération, nous avons enregistré des audiences exceptionnelles, notamment aux États-Unis. »

En Europe, c’est plus compliqué avec le décalage horaire. Comment tentez-vous de fidéliser le public ?

L. P. : « Nous multiplions les points de contact : nos réseaux sociaux sont disponibles en plusieurs langues, notre contenu est diffusé sur Amazon Prime, et nous menons aussi des partenariats avec des marques comme Balenciaga ou 2K dans le jeu vidéo. Nous organisons également des NBA Summer House, dont une à Paris en juillet prochain. C’est un moyen pour les fans français de vivre l’expérience NBA en direct. En journée, l’accent sera mis sur le développement du basket-ball et les activités familiales. En soirée, il portera sur le jeune public ».

Pourriez-vous vous inspirer de la Coupe du monde de football, largement suivie en Europe, pour organiser des événements sur des moments clés de la saison ?

L. P. : « Nous sommes ouverts à différentes possibilités. Les Spurs ont d’ailleurs organisé une soirée de visionnage à Paris cette année, et les Knicks à Londres (Royaume-Uni). Il ne s’agit donc pas uniquement de l’organisation d’événements par la NBA, mais aussi par les franchises directement ».

La NFL (National Football League) va faire son arrivée en France avec un premier match de saison régulière. La voyez-vous comme une concurrente sur le territoire européen ?

L. P. : « La NBA entretient une relation de longue date avec la France et vient à Paris depuis très longtemps. Nous sommes donc confiants dans notre relation avec votre pays. Nous sommes également la marque sportive américaine la plus populaire en France, notamment auprès de la génération Z. Nous nous concentrons donc davantage sur la manière de fidéliser nos fans que sur les autres ligues et leurs initiatives ».

Entretien : Killian Tanguy, correspondant à Nice (Alpes-Maritimes)

© SportBusiness.Club – Juin 2026

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