A Los Angeles 2028, le cricket fera son retour dans le programme olympique, plus d’un siècle après sa seule apparition : c’était en 1900 aux Jeux de Paris. L’enjeu est important pour la discipline qui sera présente aux États-Unis avec un format spécifique et plus concentré, le Twenty 20 (T20). Jeudi 28 mai 2026, lors d’une table ronde organisée dans le cadre du colloque Sport-Gen, Sanjog Gupta, le président de la fédération internationale, l’ICC (International Cricket Council), a insisté sur l’universalité de son sport.
Face aux professionnels du marketing sportif, le patron du cricket mondial a affirmé que sa discipline n’était plus seulement un sport de masse dans le sous-continent indien. « Le cricket est déjà mondial », a-t-il assuré en avançant quelques chiffres : près de 2 milliards de fans et des événements qui dépassent le milliard de téléspectateurs. Surtout, environ 40% de cette audience viendrait désormais d’autres marchés que l’Inde. La dernière Coupe du monde a aussi confirmé ce poids, notamment sur les supports numérique : « Sur les cinq événements numériques les plus regardés de l’histoire, quatre sont des matchs de notre Coupe du Monde,» a-t-il avancé.
Même si l’Inde reste le premier marché du sport, le cricket apparait comme un levier commercial mondial majeur. Sanjog Gupta refuse d’y voir une limite : « Pourquoi la popularité d’un sport dans l’une des cinq plus grandes économies mondiales, et la plus dynamique, serait-elle un désavantage ? C’est un avantage massif pour son développement,» a-t-il estimé. L’instance veut s’appuyer sur cette puissance pour accélérer dans d’autres territoires. La diaspora sud-asiatique reste un relais naturel. Mais l’ICC observe aussi une progression au Japon, en Indonésie ou en Italie. Elle revendique 120 pays membres et une présence dans les Amériques, en Afrique, en Europe, en Océanie et en Asie.
Développement du cricket féminin
Le chantier porte désormais sur la segmentation. Le format T20, plus court, va servir de produit d’entrée sur des marchés moins exposés au cricket traditionnel. L’ICC prépare une stratégie dédiée aux marchés dits “d’horizon 2”. L’objectif est d’adapter l’offre pays par pays. « Chaque marché nécessite sa propre stratégie,» a expliqué Sanjog Gupta. Certains doivent être développés par la pratique communautaire. D’autres par la consommation de contenus. Cette logique impose aussi une évolution média. Avec sa plateforme ICC TV, l’instance peut diffuser ses compétitions dans les territoires où n’ont pas été signés d’accords de diffusion.
Cette approche vaut aussi pour le cricket féminin. L’ICC le traite comme un marché distinct, et non comme une simple extension du cricket masculin. « C’est une stratégie complètement indépendante,» a insisté Sanjog Gupta. Les premiers publics sont venus des fans les plus engagés du cricket masculin. Mais l’instance veut élargir ce socle. La qualité du jeu a levé une première barrière. Reste à construire des récits, des formats et des canaux adaptés. Pour l’ICC, l’enjeu dépasse donc la notoriété. Il s’agit de transformer une audience déjà massive en croissance durable, plus mondiale, plus jeune et plus monétisable.
© SportBusiness.Club – Mai 2026