À Nanterre (92), dans la Plenitude Arena (ex-Paris La Défense Arena), les bruits de rebond de la petite balle jaune ont remplacé les vocalises de Céline Dion. Depuis samedi 31 octobre 2026, pour la deuxième année consécutive, la plus grande salle couverte d’Europe accueille le Rolex Paris Masters. Le tournoi ATP Masters 1000 fait encore le plein. Une popularité du tennis qui, ces dernières années, a attiré de nombreuses start-up. Toutes tentent de se faire une place sur les courts.
Mi-octobre 2026, Guillaume Grimel a relancé son jeu de fantasy “WeTennix”. Après une première version initiée en 2024 pour “tester le marché”, le “MPG [Mon Petit Gazon] du tennis” a été totalement repensé. « Désormais on s’adresse aussi bien au passionné qui suit le circuit Challenger de très près et qui connaît tous les joueurs, qu’aux clubs qui veulent animer leur communauté ou bien aux personnes qui jouent de temps en temps entre amis,» détaille le dirigeant.
Sur le marché du tennis, les applications les plus nombreuses sont celles permettant de réserver des courts. « Nous voulions permettre à des personnes d’accéder à des infrastructures qui étaient jusqu’alors fermées ou réservées aux membres, explique Frédéric Fouco, cofondateur d’Anybuddy. Quand vous réservez un court via notre application, vous recevez un code unique pour accéder au terrain, et il change à chaque réservation. » À ce jour, Anybuddy revendique 600 000 joueurs et 1 500 clubs partenaires, mais aussi des collectivités et des municipalités.
Un marché bientôt saturé ?
Développée à l’origine autour du tennis, Anybuddy s’est depuis étendue aux autres sports de raquette : badminton, squash, padel, tennis de table et, plus récemment, pickleball. Le marché ne se limite toutefois pas aux plateformes de réservation. « Les clubs de tennis étaient nos premiers clients, mais nous avons désormais beaucoup de clubs de padel », assure Charles de Moucheron, cofondateur de Bopa. Créée en 2025, la jeune entreprise propose des stations de repressurisation des balles de tennis et de padel.
Selon Camille Amar, coprésidente du collectif SporTech Fr, cette prolifération de start-up autour des sports de raquette n’est pas près de s’arrêter : « Avec l’émergence du padel et du pickleball, c’est évident, affirme-t-elle. De plus en plus de personnes nous parlent des sports de raquette : ça se confirme dans les usages. » Au point que certains entrepreneurs évoquent déjà une saturation du marché. « Dans quelques années, il y aura probablement trop d’offres et de start-up, prévoit Frédéric Fouco. Cela va s’écrémer naturellement. Je ne sais pas combien d’acteurs resteront, mais il y aura forcément une diminution. » Un seul vainqueur au final, comme au tennis.
© SportBusiness.Club – Novembre 2026