Les finances des employeurs du sport français se dégradent. En 2026, seules 47% des structures jugent bonne leur situation financière : ils étaient 54% un an plus tôt. À l’inverse, 25% la considèrent fragile, contre 19% en 2025. C’est l’un des enseignements du deuxième baromètre COSMOS x AÉSIO mutuelle, réalisé par OpinionWay auprès de 665 adhérents de l’organisation patronale. Présentée mercredi 4 novembre 2026, à l’occasion de l’assemblée générale du syndicat professionnel à Créteil (Val-de-Marne), l’étude révèle que 37% des structures interrogées ont vu leurs finances se détériorer au cours des douze derniers mois. Seulement 11% ont constaté une amélioration.
La recherche de financements reste leur principale difficulté. Près des deux tiers des répondants (65%) peinent à mobiliser des partenaires privés, tandis que 62% citent la baisse des subventions publiques. Ces dernières sont pourtant jugées indispensables par 68% des structures et même importantes par 26% autres. Pourtant, 66% des organisations bénéficiant de ces aides déclarent avoir subi une diminution au cours de l’année écoulée. Parmi elles, 46% ont dû suspendre ou abandonner des projets, 26% réduire leurs activités et 13% ont supprimé des emplois. Les fédérations sportives apparaissent moins touchées que les associations et les comités territoriaux.
L’éléction présidentielle inquiète
Face à cette situation, les employeurs cherchent des ressources alternatives. Ainsi, 61% déclarent avoir renforcé leur recherche de mécénat ou de sponsoring, tandis que 53% ont augmenté leurs cotisations ou leurs tarifs. Le développement d’activités commerciales, comme les stages, les formations ou l’événementiel, constitue une autre solution pour 43% des répondants. À moyen terme, les revenus d’activité (71%) et les partenariats privés (58%) restent les deux sources de financement jugées les plus prometteuses. Fait notable, la proportion de structures misant sur les subventions publiques progresse de sept points en un an, à 29%. Le financement participatif et les dons sont cités par 22% des répondants.
Malgré ces contraintes budgétaires, l’emploi résiste. Selon le baromètre, 38% des structures ont recruté ou augmenté le temps de travail de leurs salariés au cours des douze derniers mois. Parmi celles concernées, 72% ont renforcé les métiers de l’encadrement sportif. La formation reste également un enjeu : 48% des employeurs y ont eu recours et 21% prévoient de le faire dans l’année à venir. Ces chiffres masquent toutefois des situations différentes selon la taille des organisations. Les fédérations et les structures franciliennes affichent notamment une situation économique plus favorable.
À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, les perspectives restent sombres. Sept employeurs sur dix se déclarent pessimistes pour le prochain quinquennat. Ils sont 80% à estimer que les pouvoirs publics ne reconnaissent pas suffisamment le rôle économique et social du sport. La moitié réclame une augmentation des financements publics et un allégement des charges sociales sur les emplois sportifs.
© SportBusiness.Club – Novembre 2026