Sportifs recherchent financements. À l’approche des Jeux olympiques d’été de Los Angeles 2028 (États-Unis) et dans la perspective des Jeux d’hiver des Alpes françaises 2030, nombreux sont les athlètes à chercher des partenaires susceptibles de boucler le budget nécessaire à une saison d’entraînement. La tâche est moins compliquée pour ceux bénéficiant d’une forte notoriété, comme Léon Marchand ou les frères Alexis et Félix Lebrun. Elle est beaucoup plus complexe pour les sportifs de haut niveau moins connus ou engagés dans des disciplines peu exposées dans les médias. Depuis quelques années, ils peuvent s’appuyer sur des plateformes destinées à les accompagner et à permettre à de potentiels sponsors de découvrir de nouveaux profils.
Lancée début 2026, MatchMaBrand poursuit cet objectif. « Nous proposons des campagnes d’ambassadeurs, de drive-to-store pour dynamiser des points de vente, de gifting ou encore des campagnes en ligne sur les réseaux sociaux », explique Michaël Poifol, cofondateur de la start-up. Celle-ci revendique plus de 300 athlètes inscrits. « L’avantage, c’est que les sportifs se positionnent sur les activations, puis les marques les sélectionnent, poursuit le dirigeant. Elles sont donc davantage assurées d’avoir de la visibilité en retour dans ce cas, plutôt que si elles envoyaient des produits sans vœu initial. » Parmi les entreprises participantes figurent de grandes marques nationales comme Orange ou Jean Paul Gaultier, mais aussi des acteurs locaux, tels que des agences immobilières ou des cabinets d’expertise.
L’application met notamment en avant une opération réalisée avec Lotus. Une vingtaine d’athlètes aux profils variés ont été invités en VIP par la marque horlogère à la Supercoupe de basket-ball organisée fin septembre au Stade Roland-Garros. En échange, une publication sur les réseaux sociaux leur était demandée. Parmi eux figuraient notamment un B-boy et une nageuse en eau glacée. « La marque était partenaire de l’événement, explique Michaël Poifol. En plus de bénéficier de la visibilité ”classique“ liée à cet accord, qui a principalement atteint les suiveurs de basket-ball, Lotus a généré des vues sur les réseaux sociaux auprès d’une autre typologie de communauté grâce à ces sportifs invités. » Au total, plus d’un million de vues supplémentaires auraient été générées sur les deux jours de compétition.
Des plateformes qui remplacent les agents ?
HighFive Sponsoring, créée par Rodolphe Défontaine, propose de son côté aux athlètes un soutien sur l’ensemble de l’année. Son modèle repose sur un abonnement annuel payé par les entreprises, en échange notamment d’interventions de sportifs dans leurs locaux. La plateforme redistribue la moitié du montant des abonnements aux athlètes, à parts égales. « Cela, qu’un partenaire active ou non un athlète, précise son fondateur. Lorsqu’un athlète intervient chez un partenaire, il est rémunéré individuellement en plus de la rétribution liée à l’abonnement. »
Une cinquantaine d’athlètes, tous parasportifs, sont recensés chez HighFive Sponsoring. Cela permet de “personnaliser l’expérience avec l’entreprise selon ses besoins et le message qu’elle souhaite transmettre,” indique la société. De son côté, l’athlète n’est pas dépendant des besoins d’une seule entreprise et peut, sans multiplier les démarches, intervenir plusieurs fois dans l’année. « C’est un rapprochement d’intérêts,» assure Rodolphe Défontaine.
Et si une entreprise souhaite ensuite collaborer directement avec un athlète ? « C’est prévu noir sur blanc dans les contrats, répond-il. Si après plusieurs interventions, l’entreprise souhaite allouer directement à cet athlète les fonds qu’elle consacrait au collectif, c’est possible. Le contrat est conclu avec HighFive, nous prenons un pourcentage et l’athlète bénéficie individuellement de la rémunération tout en restant chez nous. » Aucune des deux plateformes ne se revendique toutefois comme un nouvel agent. MatchMaBrand assure même “être un intermédiaire” et “échanger directement avec eux [les agents d’athlètes] lors de certains partenariats”.
© SportBusiness.Club – Octobre 2026