Organisations. Chaque édition des Jeux olympiques apporte son lot de polémiques. Pour ceux d’hiver 2026, à Milan-Cortina (Italie), l’affaire du casque de l’athlète ukrainien Vladyslav Heraskevych, porte-drapeau de sa délégation, a éclipsé celle sur la présence, en Italie, d’agents fédéraux américains de l’ICE. Ce spécialiste du skeleton a demandé au Comité International Olympique (CIO) de concourir avec un casque sur lequel ont été collés les visages d’amis athlètes ukrainiens morts au combat dans la guerre qui oppose son pays à la Russie.
La réponse a été négative. L’instance a considéré qu’il s’agissait d’un message politique, ce que la Charte olympique interdit en compétition. « Personne (…) ne remet en cause le message qui revêt une portée particulièrement forte, a déclaré Kirsty Coventry, la présidente du CIO. Il ne s’agit pas du contenu du message, mais bien, à strictement parler, du respect des règles et des règlements. Dans ce cas précis, nous devons être en mesure de garantir un environnement sûr pour chacun et, malheureusement, cela implique tout simplement qu’aucun message ne puisse y être autorisé ».
Le CIO assure avoir tenté de trouver un compromis avec Vladyslav Heraskevych, comme le port d’un brassard noir en compétition. Ce qu’il aurait refusé. « Il a comme terrain d’expression les conférences de presse ou la zone mixte où il peut exposer son casque, a expliqué à plusieurs reprises Mark Adams, porte-parole du CIO, lors des conférences de presse quotidiennes. La compétition doit rester un terrain neutre. Il y a 130 conflits dans le monde selon la Croix-Rouge. Même si nous comprenons sa démarche, le règlement interdit cette manifestation dans cet espace précis ».
Où fixer la limite ?
Disqualifié, Vladyslav Heraskevych en veut au CIO et souhaite faire évoluer le règlement. L’instance l’a entendu et pourrait en discuter lors d’une prochaine réunion de la Commission exécutive. Le mouvement olympique avance toutefois sur un fil. Le CIO dit vouloir “protéger les athlètes”. L’organisation craint la manipulation d’États qui profiteraient de l’exposition de sportifs pour les obliger à relayer un message politique, loin du propos humaniste que souhaitait porter l’Ukrainien.
Autre sujet : en skeleton, l’épreuve dure environ une minute. Dans d’autres disciplines, comme une course cycliste, la durée est beaucoup plus longue. Trouver une position satisfaisant athlètes et parties prenantes s’annonce réellement complexe et sensible. Comment fixer la frontière entre “bons” et “mauvais” messages ? Et qui les jugerait ? A ce stade, la neutralité en compétition apparaît bien comme la moins mauvaise des solutions.
Bruno Fraioli, envoyé spécial à Milan (Italie)
© SportBusiness.Club – Février 2026