L’histoire retiendra que la première fois n’aura pas été la bonne. Dimanche 8 février 2026, dans l’immense complexe de Fiera Milano, à Milan (Italie), la piste de glace éphémère a livré son verdict. Favori du 5 000 mètres en patinage de vitesse, le Français Thimothy Loubineaud termine 5e. Une place frustrante, mais aussi un rappel : la France n’a encore jamais goûté au podium olympique dans cette discipline. Ce ne sera plus pour longtemps.
Pour la Fédération française de Roller-Skate, l’enjeu dépasse pourtant le classement. Depuis 2023, elle porte officiellement le patinage de vitesse. En 2026, l’instance sportive, découvre, à Milan-Cortina 2026, les Jeux olympiques d’hiver. Une première. Rare fédération française à évoluer sur les deux scènes olympiques, elle avait déjà vécu l’expérience de l’été avec le skateboard à Tokyo 2020 puis Paris 2024. La glace marque un changement d’univers.
« C’est un nouveau cap,» confirme son président Boris Darlet. L’olympisme d’hiver impose ses codes, ses contraintes et une pression spécifique. « On sous-estime souvent tout ce qui gravite autour de l’athlète aux Jeux, poursuit le dirigeant. Ici, nos sportifs doivent en plus s’adapter à une surface qu’ils ont apprivoisée tardivement. L’acculturation est collective, elle concerne les athlètes, le staff et les dirigeants. »
Objectif Alpes 2030
Le pari de rapprocher roller et patinage de vitesse au sein d’une même fédération semble néanmoins validé. « Nous avions une ambition, mais nous sommes surpris par la rapidité des résultats,» souligne Ludovic Royé, directeur technique national (DTN). Ainsi, la France a décroché les huit quotas disponibles pour ces Jeux d’hiver, fruit d’une préparation ciblée et d’un engagement renforcé autour du collectif.
Cette montée en puissance repose aussi sur un soutien financier précis. L’Agence nationale du Sport a mobilisé 500 000 euros pour accompagner les entraînements. Forte de cette double exposition olympique, la fédération est donc en train de changer d’échelle. Son budget, aujourd’hui de 6 millions d’euros, devrait atteindre 10 millions d’euros à l’horizon 2030 et des Jeux d’hiver dans les Alpes françaises, porté, notamment, par l’arrivée attendue de nouveaux partenaires.
Bruno Fraioli, envoyé spécial à Milan (Italie)
© SportBusiness.Club – Février 2026