La Coupe du monde 2026 donne un vrai coup d’accélérateur au “soccer” aux États-Unis. Portée par ses victoires en phase de groupe et sa qualification pour les huitièmes de finale*, la sélection américaine surprend. Elle a déjà inscrit plus de buts que lors de toutes ses précédentes participations au Mondial. Un signal fort dans un pays où notre football reste devancé par le foot US et la NFL, le baseball (MLB), ou le basket-ball (NBA). « Je dois rappeler à tout le monde que nous avons fini premiers du groupe, désolé les gars, on a gagné,» avait lancé le sélectionneur Mauricio Pochettino, après une défaite contre la Turquie (3-2).
À Los Angeles, où Team USA a disputé deux rencontres, l’effet d’entraînement est visible. Ian Bjerke, kinésithérapeute de 35 ans, se dit pourtant “plutôt branché baseball”. Il reconnaît volontiers avoir été séduit. « Je dois dire que le football, c’est sympa à regarder ! Les matches sont palpitants, et ça va vite !,» explique-t-il, vêtu d’une salopette aux couleurs américaines. Le supporter découvre aussi les codes du football mondial. Selon lui, les supporters États-Unis doivent encore “améliorer nos chants”. « J’ai l’impression que beaucoup d’autres pays ont de meilleurs chants,» ajoute-t-il. Matt Movahhed, chef d’entreprise, observe lui une équipe plus attractive. « Ils pratiquent un jeu plus offensif, ce qui suscite davantage mon intérêt, et cela a probablement le même effet sur les autres Américains,» estime-t-il.
Un potentiel commercial réel
L’intérêt ne repose pas seulement sur le terrain. La Coupe du monde transforme aussi les villes hôtes en vitrines culturelles. Les supporters écossais de la “Tartan Army”, en kilts, ont animé Boston et Miami. Les Norvégiens ont importé la “Viking Row”, inspirée de l’imaginaire scandinave. À Kansas City, les fans néerlandais ont déployé une marée orange pour Pays-Bas/Tunisie. Pour Amy Bass, professeure en sciences du sport à l’université Manhattanville, “les aspects culturels” font du Mondial “bien plus qu’un simple événement sportif”. Les visiteurs découvrent les États-Unis. Les Américains observent d’autres cultures. « C’est ça, la Coupe du monde !,» résume Dante Drishti, 25 ans, en route vers MetLife Stadium, près de New York, pour Équateur/Allemagne.
Reste la question centrale pour la FIFA et ses partenaires : cet engouement survivra-t-il au tournoi ? Bryan Flaherty, 32 ans, en doute. Selon lui, les Américains ont surtout “cédé à la mode de la Coupe du monde”. « Dans trois semaines, 75% d’entre eux auront complètement oublié l’événement,» affirme t-il. Les audiences montrent pourtant un potentiel commercial réel. Le premier match des États-Unis contre le Paraguay a réuni près de 25 millions de téléspectateurs, selon NBC Sports. C’est plus que la moyenne des quatre premiers matches de la finale NBA, à 19,6 millions. Avec Coca-Cola ou McDonald’s habillés aux couleurs de la FIFA, l’organisation « veille à ce que l’événement sportif soit aussi un événement commercial,» analyse Amy Bass. Reste désormais à savoir si le soccer peut s’installer dans les usages américains. (Avec AFP)
© SportBusiness.Club – Juin 2026
(*) Le match USA/Belgique se dispute dans la nuit de lundi 6 à mardi 7 juin 2026