Études. Léon Marchand l’influenceur ! En France, les piscines sont les équipements sportifs les plus fréquentés avec 103 000 entrées par an en moyenne par structure, selon une étude réalisée par Olbia Conseil, le Centre de droit et d’économie du sport (CDES) et Média filière pour le ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, le Pôle ressources national sport innovations (PRNSI) et l’Agence nationale du Sport (ANS). Les résultats, publiés jeudi 4 décembre 2025, révèlent que les bassins de natation arrivent en affluence devant les patinoires (97 000 entrées) et les golfs (24 000 entrées).
Les équipements à “accès contrôlé”, tels que les gymnases, les salles d’armes et de combat ou les salles et terrains spécialisés et les terrains de “grands jeux”, sont particulièrement utilisés en période scolaire. Leur taux d’occupation est de 74%. En revanche, en dehors de ces périodes, ils sont délaissés et ne sont occupés qu’un jour sur deux le week-end, les vacances et les jours fériés. C’est même seulement un jour sur trois seulement lors des grandes vacances d’été !
Beaucoup de créneaux perdus
Les scolaires ne sont pas les plus grands pourvoyeurs de créneaux de ces équipements. Les clubs et les associations sportives sont loin devant avec 62% de temps réservé contre seulement 21% pour les cours d’éducation physique et sportive (EPS). Mais réservation ne signifie pas forcément utilisation : en moyenne 12 à 17% des créneaux réservés ne sont pas utilisés ! En raison d’un manque de gestion, ils ne sont pas systématiquement réattribués. Par ailleurs, 12% des créneaux de ces infrastructures sportives ne sont pas réservés pour un usage sportif : ils peuvent aussi accueillir des réunions, des élections ou encore de la maintenance.
Justement, ces créneaux de maintenance permettent de satisfaire les usagers. Quatre Français sur cinq se disent satisfaits de la qualité des équipements sportifs à « accès contrôlés », malgré, tout de même, des critiques concernant la vétusté ou la faible disponibilité de créneaux pour la pratique libre. C’est le principal point critique : plus d’un tiers des usagers (36%) souhaitent un élargissement des créneaux d’ouverture, 31% veulent des créneaux plus adaptés à leur pratique et 28% réclament des équipements plus propres.
Les femmes sous-représentées
Pour les équipements sportifs en accès libre, les plus utilisés sont les aires de fitness (12%) devant les pumptracks et skateparks (11%), les terrains de pétanque (9%), les tables de ping-pong (8%) et les terrains de basket 3×3 (6 %). Ces sites sont principalement utilisés par les 16-34 ans. Leurs aînés, les plus de 55 ans y sont très peu présents… sauf sur les boulodromes, précise l’étude. De même, ces sites sont moins fréquentés par les femmes : elles ne représentent que quatre utilisateurs sur dix.
Quatre usagers sur cinq de ces espaces publics en sont satisfaits. Malgré tout, ils sont préoccupés par la robustesse et l’entretien (25%) des équipements, ainsi que par la sécurité (25%). Le manque de commodités à proximité est également critiqué (19%). Toutefois, le potentiel de développement de ce type d’installations est important : près d’un non-usager sur deux (47%) serait intéressé par la pratique en accès libre si des aménagements étaient réalisés. Huit Français sur dix aimeraient disposer davantage d’équipements sportifs dans sa commune.
Neuf recommandations
Globalement, l’étude pointe un décalage persistant entre le sentiment de saturation exprimé par les acteurs et l’absence de données objectives pour mesurer leur usage réel. Si les créneaux du soir concentrent la pression, de nombreuses plages restent sous-utilisées, notamment en journée ou durant les vacances. Le manque d’outils harmonisés, la faible transparence des règles d’attribution par les collectivités locales et une gouvernance éclatée entre communes entretiennent les tensions. En parallèle, l’usage scolaire, prioritaire, demeure perfectible faute, également, de suivi fiable des présences.
Neuf recommandations sont avancées : rendre obligatoire un diagnostic d’usage avant toute construction, enrichir la base de données officielle du ministère des Sports recensant tous ces lieux de pratique, diffuser une boîte à outils pour en piloter la fréquentation et renforcer la coopération avec l’Éducation nationale. L’étude préconise aussi une mutualisation accrue à l’échelle intercommunale, l’instauration de chartes locales de partage et la création de plannings publics et de comités d’usagers. Ces mesures permettraient d’optimiser un parc existant sous tension sans recourir systématiquement à la construction de nouveaux équipements.
© SportBusiness.Club — Décembre 2025