20 mai 2026

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Paris vote Cadence pour le Marathon, malgré l’ombre de Bolloré

Le Conseil de Paris a validé l’arrivée de Cadence à la tête du marathon et du semi-marathon, après un débat très politique. La commercialisation des dossards devrait être lancée à la rentrée prochaine selon nos informations.

C’est désormais officiel : le marathon de Paris et le semi-marathon changent de mains. Mercredi 20 mai 2026 en début de soirée, le Conseil de Paris a voté l’attribution au consortium Cadence de l’organisation des deux épreuves. Le scrutin s’est conclu par 78 voix pour, 44 contre et 13 abstentions, soit 63,9% des suffrages exprimés favorables. Cadence, qui réunit Havas Events, Keneo et Avena Event, va signer un contrat de quatre ans avec la Ville de Paris. Amaury Sport Organisation (ASO), aux manettes des courses depuis 1998, est donc évincé.

Avant le vote, les conseillers de Paris ont débattu durant trois quarts d’heure, en l’absence du nouveau maire Emmanuel Grégoire qui ne présidait pas cette séance. La quasi-totalité des interventions a porté sur Vincent Bolloré. Le groupe du milliardaire, propriétaire de médias dont CNews, Europe 1 et Le Journal du Dimanche, contrôle aussi Havas. Sa filiale Havas Events est mandataire du groupement retenu pour le marathon de Paris.

Plusieurs élus ont dénoncé l’entrée de “l’écosystème Bolloré” dans l’un des grands événements sportifs de la capitale. Guillaume Durand (Écologistes) a pointé un projet politique “ouvertement d’extrême droite”. Adrien Tiberti (Communistes) a évoqué un “danger pour la République”. Émile Meunier et Sophia Chikirou (Nouveau Parti populaire) ont alerté sur le risque d’une marchandisation accrue de l’épreuve et d’une atteinte à l’image de Paris. La crainte d’un naming “Marathon Bolloré” ou d’un usage publicitaire trop marqué a aussi été avancée.

“Je comprends les inquiétudes”

À droite, le groupe Paris Libéré a dénoncé un débat idéologique. Pierre Liscia a appelé à juger le dossier sur l’intérêt des coureurs, des Parisiens et de la qualité de service. Face aux critiques, l’exécutif parisien a défendu une ligne juridique. Jérôme Coumet, maire socialiste du 13e arrondissement, a déclaré que la présence d’Havas Events était loin de le laisser indifférent. Il a dit entendre et comprendre les inquiétudes exprimées face à la stratégie de conquête culturelle et idéologique de Vincent Bolloré.

Maxime Sauvage, nouvel adjoint chargé des Sports à la Ville de Paris, a reconnu que le projet politique de Vincent Bolloré était “ouvertement d’extrême droite” et en “opposition frontale” avec les valeurs portées par la municipalité. Il a toutefois rappelé les contraintes légales. Selon lui, pour défendre l’État de droit, il faut respecter “l’état du droit”. La procédure a été régulière, a-t-il affirmé. Il n’était donc pas possible d’écarter un candidat en raison de son actionnariat ou de considérations politiques.

La majorité a promis une vigilance renforcée sur l’exécution du contrat, avec une possible résiliation en cas de manquement. Avec cette officialisation, Cadence peut désormais préparer les prochaines éditions des deux courses. Selon les informations de SportBusiness.Club, il faudra attendre la rentrée pour l’ouverture de la nouvelle plateforme d’inscription. Par ailleurs, les nouveaux organisateurs ne devraient pas non plus augmenter fortement les tarifs du sponsoring. Ils devront d’abord renégocier l’ensemble des contrats. L’agence Nineteen Sports Group sera aux manettes du programme commercial.

© SportBusiness.Club – Mai 2026

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