10 avril 2026

Temps de lecture : 2 min

Philippe Diallo (Cosmos): “Objectiver l’impact réel du sport”

Interview. Le président du Cosmos a dévoilé un outil méthodologique destiné aux acteurs locaux et dont l'objectif est de mieux quantifier leur rôle et structurer leur discours auprès des décideurs publics.

Le Cosmos, organisation patronale représentant les employeurs du sport, a présenté jeudi 9 avril 2026 à Paris un guide dont l’objectif est de mesurer l’impact économique local des structures sportives. Réalisé en collaboration avec le Crédit Mutuel, ce modèle d’études déclinables devra fournir des outils concrets pour objectiver auprès des pouvoirs publics une contribution encore mal quantifiée. Le sport, longtemps perçu sous un angle social, pourra ainsi justifier son rôle d’acteur économique territorial.

Le document propose des méthodes pour évaluer les retombées, structurer les données et identifier des leviers de développement. Il s’appuie notamment sur une estimation du coût évité du sport comprise entre 194 et 254 milliards d’euros. Philippe Diallo, président du Cosmos, entend ainsi aider les clubs à renforcer leur dialogue avec les collectivités et partenaires, et à sécuriser des modèles économiques plus durables. Il l’a expliqué à SportBusiness.Club.

Pourquoi avoir lancé une nouvelle étude d’impact pour le sport ?

Philippe Diallo : « L’idée du Cosmos est d’objectiver l’impact réel, c’est-à-dire économique, social et sociétal, du sport. Des études nationales ont déjà permis de démontrer qu’un euro investi dans le sport permet à la collectivité d’économiser treize euros de coûts évités. Ce nouveau travail vise à décliner cette analyse au niveau local en offrant aux clubs un guide méthodologique pour mesurer leur propre impact sur leur territoire. L’objectif est de prouver aux maires et aux collectivités que, au-delà des valeurs et de la cohésion sociale, le sport apporte une contribution économique et sociale très positive ».

Ce guide sera-t-il un argumentaire pour les acteurs sportifs locaux ?

P.D. : « Oui. Cela permet d’abord aux clubs de mieux se connaître grâce à des instruments de mesure de leur réalité. Ensuite, dans un contexte où l’argent public se raréfie, il est crucial que les associations sportives disposent d’un argumentaire structuré et crédible pour convaincre les responsables des collectivités locales de maintenir leur soutien financier ».

L’objectif est-il de faire passer le sport du statut de “subvention” à celui d’un “investissement” ?

P.D. : « Absolument. Le sport ne doit pas être perçu comme une charge, mais comme un véritable investissement pour la jeunesse, pour la dynamique économique des territoires et pour l’emploi. À titre d’exemple, la branche du sport est passée de 130 000 à plus de 215 000 emplois en dix ans, avec une croissance annuelle moyenne de 7%, ce qui est bien supérieur à la moyenne nationale ».

Comment le Cosmos va-t-il travailler avec les autres acteurs du sport en vue de l’échéance présidentielle de 2027 ?

P.D. : « Pour l’élection présidentielle de 2027, le sport doit être présent de manière unie et parler d’une seule voix. Le Cosmos collabore déjà avec le CNOSF, Sporsora et d’autres organisations pour mutualiser les efforts. Le message porté est que le sport doit devenir une politique publique dynamique et prioritaire, car il relève de l’intérêt général du pays. Après le succès des Jeux de Paris 2024, le sport doit être traité avec la même importance que les politiques de logement ou de sécurité ».

Nous sommes à un an de l’échéance : ce travail commence-t-il dès maintenant ?

P.D. : « Ce travail a déjà commencé et va s’accélérer. Des contacts sont pris avec toutes les organisations pour constituer une « équipe de France du sport » afin d’être prêt au moment des échéances politiques ».

Entretien : Bruno Fraioli
© SportBusiness.Club – Avril 2026

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