La montée en puissance du piratage des programmes sportifs inquiète l’ensemble de l’écosystème. Longtemps marginal, ce phénomène est désormais présenté comme un mode de consommation structuré, reposant sur des dispositifs industrialisés comme le streaming illégal ou l’IPTV, gérés par des organisations proches de systèmes mafieux. Pour les acteurs du sport et des médias, l’enjeu dépasse la seule question des droits audiovisuels et menace directement l’équilibre économique d’un secteur déjà fragilisé.
Lors d’une conférence organisée mercredi 14 janvier 2026 par le Collège média de Sporsora, l’Arcom a illustré l’ampleur du phénomène : un quart des internautes français déclarent consommer illicitement des contenus culturels, soit plus de 13 millions de personnes. Cinq millions auraient recours à l’IPTV illégale. Ligue 1+, la jeune chaine de la LFP n’est pas épargnée car un téléspectateur sur trois aurait ainsi eu recours à des services illicites. Cette fraude, qui utilise aussi le VPN, représenterait 290 millions d’euros de manque à gagner annuel pour l’économie du sport, auxquels s’ajoutent 420 millions d’euros de pertes fiscales et sociales.
Une nouvelle loi
Face à cette situation, les acteurs du sport et Sporsora appellent à une évolution rapide du cadre juridique. La loi d’octobre 2021 (art. L. 333.10 du code du sport) a permis des avancées, mais est désormais jugée insuffisante face à la réactivité et la souplesse des réseaux illégaux. Certains sites propose même la création “clé en main” de plateformes illicites de revente d’offres TV. Celles-ci, proches dans l’exécution des propositions légales payantes, sèment la confusion auprès des consommateurs de sport.
L’écosystème du sport français, mais aussi l’Arcom pousse la proposition de loi sur le sport professionnel, portée par les sénateurs Laffont et Savin. Elle prévoit notamment le blocage automatisé et la pénalisation spécifique du piratage sportif avec des délai plus rapides et une meilleure réaction. Votée au Sénat, cette proposition de loi doit maintenant passer à l’Assemblé Nationale. Elle pourrait se rapprocher du modèle britannique porté par la Premier League qui obtient le retrait des contenus illicites avant la fin des rencontres.
© SportBusiness.Club – janvier 2026
Piratage audiovisuel : le manque à gagner pour le sport français
- Total estimé : 290 millions d’euros
- dont 130 millions pour les clubs
- dont 25 millions d’euros pour les fédérations et ayant droits
- dont 20 millions d’euros pour les éditeurs et distributeurs
- dont 70 millions d’euros pour les éditeurs
- dont 15 millions d’euros pour le sport amateur via la taxe Buffet
Source : ARCOM