“Revolut n’a pas besoin de s’associer à quinze clubs différents”
Interview. F1, football, rugby... Revolut multiplie les partenariats sportifs comme l'explique Nicolas Moalic, directeur développement de la marque, mais avec une stratégie d'investissement très stricte.
De la Formule 1 avec Audi au football avec les Anglais de Manchester City et les Italiens de Como 1907, en passant par le rugby avec le Stade Toulousain, le logo de Revolut s’impose progressivement dans le paysage sportif. Mais, derrière la multiplication des partenariats, l’enseigne bancaire en ligne britannique revendique une stratégie très sélective. Nicolas Moalic, directeur du développement de la marque, a expliqué à Sport Business Club pourquoi Revolut privilégie la puissance d’une marque sportive plutôt que le nombre d’accords et comment le groupe entend rentabiliser ses investissements.
Considérez-vous désormais Revolut comme un nouvel acteur fort du sponsoring sportif ?
Nicolas Moalic : « On nous répète souvent : “On vous voit partout, vous réalisez énormément de projets”. C’est à la fois vrai et faux. En réalité, nous nouons assez peu de collaborations. Nous sommes extrêmement sélectifs quant aux marques avec lesquelles nous travaillons, car nous sommes convaincus qu’il existe des marques très fortes avec lesquelles nous pouvons bâtir un projet spécifique et unique, bénéfique pour les deux parties. Une fois le partenariat conclu et le choix mutuel validé, nous nous investissons pleinement, nous médiatisons l’initiative et nous exploitons cette opportunité au maximum. C’est donc effectivement un axe stratégique majeur pour notre avenir ».
C’est donc plus l’importance de la marque sportive que la discipline que vous visez ?
N.M. : « Souvent, les annonceurs abordent le sponsoring sportif dans le seul but d’acheter de la portée médiatique. Je ne partage pas ce postulat, car nous bénéficions déjà d’une portée très importante. Nous fonctionnons comme une véritable plateforme média : environ un tiers des jeunes de moins de 35 ans utilisent Revolut à grande échelle. Notre puissance de frappe médiatique est donc déjà majeure. Dès lors, nous n’avons pas besoin de nous associer à quinze clubs différents : nous avons besoin d’une marque partenaire qui nous permette d’écrire une histoire, de franchir une étape et de communiquer d’une manière différente de ce que nous ferions sur nos propres canaux ».
Vous devez-être extrêmement sollicité. Votre téléphone sonne doit beaucoup ?
N.M. : « Nous avons effectivement de nombreuses sollicitations et discussions. Mais je ne peux pas en dire davantage »
Êtes-vous accompagnés par une agence ?
N.M. : « Non, tout est géré en interne et c’est un choix délibéré. Nous sommes convaincus que l’on identifie très vite les actifs réellement pertinents. Ensuite, nous tenons à bâtir une relation très étroite avec l’entité concernée, ce qui exige de la proximité. Nous échangeons donc directement avec le club ou avec son agence exclusive, sans faire appel à une agence conseil intermédiaire ».
Comment mesurez-vous le retour sur investissement ?
N.M. : « Nous nous appuyons sur une batterie complète d’indicateurs : le nombre de cartes souscrites, le volume de nouveaux clients acquis grâce aux activations avec le club, la performance des différents actifs, la monétisation des expériences proposées, ainsi que le développement du B2B comme vecteur de croissance. Il existe une multitude de métriques envisageables. Cela nous permet d’analyser nos accords avec une grande rigueur et d’évaluer s’il est pertinent d’inscrire un partenariat dans la durée grâce à un cadre d’analyse très précis ».