La présence de Loïs Boisson dès dimanche, pour la première journée, donnera un relief particulier à l’ouverture de la 40e édition des Internationaux de Strasbourg (IS). Devenue l’une des joueuses françaises les plus médiatisées, elle constitue un levier d’attractivité pour le tournoi WTA alsacien. À la veille du coup d’envoi, Denis Naegelen affiche d’ailleurs son optimisme sur la billetterie. Selon le président de l’événement, la tendance est en avance sur les deux dernières éditions et pourrait permettre d’établir un nouveau record d’affluence si la météo reste favorable.
Cette édition anniversaire doit aussi conforter le positionnement commercial du troisième tournoi de tennis français. L’événement revendique une identité construite autour de l’écoresponsabilité, de la promotion de la place des femmes et de l’ancrage territorial. Autant d’arguments mis en avant auprès des partenaires. Fan zone, concerts gratuits, services aux familles et messages pédagogiques complètent désormais l’offre sportive. Denis Naegelen détaille cette stratégie, entre tennis, divertissement et utilité régionale.
Vous venez d’annoncer la participation de Loïs Boisson. Sa notoriété grandissante a-t-elle déjà eu un impact visible sur la billetterie du tournoi ?
Denis Naegelen : « La présence de personnalités reconnues génère systématiquement une dynamique positive sur les ventes. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai tenu à confirmer sa participation le plus tôt possible. Bien que notre plateau soit globalement très relevé, Loïs Boisson occupe une place à part : elle est aujourd’hui, et de loin, la joueuse française la plus médiatisée. Après un début de saison compliqué par des blessures, sa venue à Strasbourg crée un véritable suspense sportif : le public se demande si c’est ici qu’elle signera son grand retour à la victoire »
À la veille de l’ouverture, quel bilan tirez-vous de la billetterie ?
D.N. : « Nous sommes très optimistes. La tendance est excellente et nous affichons une avance significative par rapport aux chiffres des deux dernières années. Si la météo reste clémente, nous nous dirigeons vers une édition record en termes d’affluence ».
Cette 40e édition est un jalon historique. Quelles sont les particularités ou les nouveautés de ce cru 2026 ?
D.N. : « Atteindre quarante éditions est une rareté absolue sur le circuit WTA. Nous détenons même un record mondial de stabilité : nous sommes le seul tournoi au monde à être resté dans la même ville pendant quatre décennies. Si d’autres tournois ont une longévité similaire, ils ont presque tous déménagé au fil du temps. À Strasbourg, nous avons su pérenniser notre place au calendrier tout en restant fidèles à notre territoire. Pour marquer le coup, nous avons collaboré avec la chef pâtissière strasbourgeoise Elisabeth Biscarrat, lauréate de “MasterChef”. Elle a réalisé un gâteau monumental pour les 40 ans du tournoi, que Loïs Boisson a partagé avec le public. C’était une manière symbolique de remercier les spectateurs, car c’est leur fidélité qui nous permet d’exister depuis si longtemps ».
La commercialisation d’un tournoi 100% féminin diffère-t-elle d’un événement masculin ?
D.N. : « Plus que le genre, c’est la notion d’utilité territoriale qui prime aujourd’hui. S’il était plus complexe de vendre le sport féminin il y a quinze ans, il est désormais pleinement intégré dans les stratégies marketing des entreprises. Pour notre part, nous avons construit notre réputation sur des engagements forts, pris il y a déjà 16 ans : l’écoresponsabilité et la promotion de la place des femmes. Ces valeurs, portées par nos événements parallèles, font des IS un acteur utile à sa région et à sa population. Ainsi, quand Mercedes signe pour être partenaire mondial de tous les tournois WTA 1000, le constructeur souhaite aussi s’associer aux IS, car il s’agit de l’événement le plus “green”. Cette crédibilité encourage les marques à venir ».
Est-il devenu indispensable de proposer des animations extra-sportives pour faire vivre un tel événement ?
D.N. : « C’est une évidence. Mon rôle dépasse celui de simple organisateur de tennis ; je me considère comme un producteur de divertissement (“entertainment”). Le spectateur qui achète un billet attend une expérience globale : une fan zone animée, des services comme la garderie sportive pour les enfants, ou encore des concerts gratuits après les matchs, comme celui de Charles Doré (Star Academy) cette année. Enfin, nous misons sur la pédagogie : le parcours du spectateur est jalonné de messages sur le développement durable, proposant des gestes écoresponsables concrets que chacun peut adopter au quotidien ».
Entretien : Bruno Fraioli
© SportBusiness.Club – Mai 2026