12 janvier 2026

Temps de lecture : 4 min

“Le cyclisme, c’est un ROI six fois supérieur à la voile pour Groupama”

Groupama aborde 2026 avec un nouvel asset de sponsoring sportif et la volonté d'accompagner la transformation structurelle de l'équipe Groupama-FDJ United. Interview de Sylvain Burel, directeur de la communication du groupe.

Interview. Après l’arrêt d’AG2R La Mondiale, dont la stratégie sportive a changé, Groupama reste la seule marque d’assurances présente dans l’élite mondiale du cyclisme. La marque est co-partenaire titre de la structure française Groupama-FDJ United et est devenue partenaire officiel du Tour de France. Un statut attendu depuis longtemps en interne. De quoi permettre au groupe français d’intégrer la caravane publicitaire de la Grande Boucle dès 2026 avec, à n’en pas douter, un clin d’œil à Cerise, personnage emblématique incarnant la marque depuis 2003.

D’ici le Grand Départ du prochain Tour depuis Barcelone (Espagne), l’entreprise va suivre de près l’évolution de son équipe cycliste masculine professionnelle UCI World Tour qu’elle accompagne depuis 2018 et, au moins, jusqu’en 2027. L’année 2026 marque d’ailleurs une rupture. La structure et l’identité visuelle évoluent avec, d’une part, la mise en retrait progressive du patron historique, Marc Madiot, et, d’autre part, l’arrivée d’un nouveau logo. Explication, analyse et décryptage avec Sylvain Burel, directeur de la communication du groupe.

Comment observez-vous le passage de relais entre Marc Madiot et Thierry Cornec ?

Sylvain Burel : « On voulait évidemment que la transition se passe très bien et c’est le cas. Nous avons observé d’autres équipes françaises pour lesquelles la transition avec des managers historiques avait été plus difficile. Le choix de Thierry Cornec était avant tout celui de Marc Madiot, et nous l’avons appuyé. C’est un profil complétement différent. Aujourd’hui, le cyclisme professionnel attend d’abord et avant tout des hommes d’entreprise comme l’est Thierry ».

L’équipe dispose d’une nouvelle identité visuelle, mais le vert, couleur historique de Groupama, est encore absent. Le regrettez-vous ?

S.B. : « Le deal était notamment de prendre la première place du naming et en contrepartie, nous abandonnions notre vert pour adopter le bleu-blanc-rouge. Ces couleurs tricolores sont d’abord et avant tout celles du drapeau français. C’est quelque chose que nous avions également choisi de faire lors de la Coupe de l’America en 2017 avec Franck Cammas. Nos bateaux n’étaient plus verts, mais bleu, blanc et rouge ».

Quels sont les enjeux avec ce nouveau logo ?

S.B. : « Certes, le logo est important pour l’équipe, mais, au-delà, il faut bien rappeler que ce seront toujours Groupama et FDJ United qui seront mis en avantJe suis très content que l’identité visuelle ait été modernisée car cela va entraîner plus généralement une nouvelle stratégie de communication, plus moderne avec les codes d’aujourd’hui ».

Votre concurrent AG2R La Mondiale a quitté le cyclisme. Cela doit vous réjouir ?

S.B. : « Je vais peut-être vous surprendre mais je regrette leur départ. Nous avions créé une sorte d’émulation entre assureurs. Je suivais de près les performances de l’équipe AG2R-La Mondiale. Maintenant qu’ils sont partis, j’ai moins cette animosité positive à l’égard de l’équipe Decathlon-CMA CGM qui lui a succédé. Mais, au-delà du départ d’AG2R-La Mondiale, il faut aussi citer celui d’Arkéa, contrebalancé par l’arrivée de nouveaux sponsors français comme Decathlon ou CMA-CGM récemment ».

Que pensez vous de ces équipes parrainées par des Etats souverains où l’argent semble inépuisable ?

S.B. : «La concurrence est immense. Nous comptons sur les instances internationales du cyclisme pour mettre en place un système de Fair Play financier avec des budgets capés. Des discussions sont en cours. Si le cyclisme mondial veut perdurer, il faut passer par là, sinon les trois quarts des sponsors se retireront. Personne n’a envie de cela, surtout pas les organisateurs de courses ni l’UCI. Nous souhaitons aussi que d’autres sponsors rejoignent Groupama – FDJ United pour continuer à donner à l’équipe tous les moyens d’être en capacité de rivaliser avec le top trois ou le top cinq mondial ».

Ces dernières années, l’équipe a perdu des coureurs emblématiques comme Thibaut Pinot. Comment s’en remettre ?

S.B. : « Durant les quatre ou cinq premières années, on a eu la chance d’avoir des leaders médiatiques comme Thibaut Pinot ou Arnaud Démare. Depuis leurs départs cela a été plus difficile sportivement. Il a fallu se remettre au travail mais surtout structurellement. Nous avons mis beaucoup de pression et beaucoup d’exigence dans la transformation de la structure de l’équipe, à la fois au niveau du management général, mais aussi des différents responsables de pôle ».

Quelle était la stratégie initiale de Groupama dans le cyclisme ?

S.B. : « Quand on s’est lancé dans le cyclisme, on avait décidé d’établir une stratégie à trois niveaux. Être partenaire du monde cycliste professionnel à travers l’équipe Groupama – FDJ United, du monde amateurs à travers le programme “Ton club ton maillot”, et des cyclistes du quotidien à travers des opérations de prévention et de sensibilisation pédagogique autour du cyclisme. Mais il nous manquait une participation à la caravane du Tour de France. Il fallait en être partenaire, mais ce n’était pas possible en raison de la présence d’AG2R-La Mondiale qui occupait déjà l’espace. On regrettait de ne pas pouvoir exploiter nos marqueurs publicitaires fort comme le personnage de Cerise ».

C’est désormais fait…

S.B. : « Oui en effet… Dès que nous avons appris le retrait d’AG2R du cyclisme, nous nous sommes immédiatement positionnés auprès d’Amaury Sport Organisation pour devenir partenaire officiel sur une durée de trois ans. Nous allons être présents dans la caravane. Nous sommes en train de sélectionner l’agence qui nous accompagnera sur le Tour 2026 ».

Cerise de Groupama sera-t-elle sur le Tour ?

S.B. : « C’est une surprise ! Vous verrez bien. Ce sera… la cerise sur le gâteau !»

Le groupe s’est positionné dernièrement sur le cyclisme féminin. Pourquoi ?

S.B. : « Oui à travers notre filiale GAN Assurances, nous sommes partenaires de l’équipe féminine professionnelle FDJ United-Suez. Avec tout ce dispositif, on considère que la boucle est bouclée. Cela montre bien à la fois la satisfaction que l’on a de cet investissement dans ce sport et de la projection que l’on donne ».

Quel est retour sur investissement pour Groupama depuis 2018 ?

S.B. : « Indépendamment du cyclisme, nous disposons d’un taux de notoriété très important. Notre sujet était d’associer Groupama au cyclisme, et inversement. Avec la diversité géographique des courses et la visibilité de la discipline, notamment des grands tours et surtout du Tour de France, on a un retour sur investissement qui est six fois plus important que ce qu’on avait dans la voile. Et pourtant, nous avons été présents pendant 20 ans avec le skipper Franck Cammas, vainqueur à chaque fois qu’il sortait son bateau ».

Entretien : Titouan Laurent
© SportBusiness.Club – Janvier 2026

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