Interview. Champion olympique de cyclisme sur piste durant les Jeux de Paris 2024 et coureur sur route de l’équipe Cofidis, Benjamin Thomas sera l’une des figures les plus reconnues du peloton de l’édition 2026 de Paris-Nice qui part dimanche 8 mars des Yvelines pour s’achever une semaine après sur la Riviera. L’occitan, vainqueur d’une étape sur le Giro en 2024, explique à SportBusiness.Club ce qui a changé depuis son sacre olympique et les limites marketing auxquelles il doit faire face en tant que cycliste professionnel.
Quel impact a eu votre médaille d’or aux Jeux olympiques de Paris 2024 ?
Benjamin Thomas : « Mon titre de champion olympique de cyclisme sur piste lors des Jeux de Paris 2024 m’a apporté une légitimité, une plus-value économique et une notoriété dans le peloton et auprès du grand public. Mis bout à bout, cela a eu un impact au niveau contractuel. Les sollicitations commerciales ont bondi après les Jeux de Paris 2024. Cela m’a aussi ouvert déjà des portes pour mon après carrière ».
Avez-vous signé beaucoup de sponsors depuis ?
B.T. : « J’ai un contrat professionnel dans une équipe. Dans ce cadre je n’ai pas une grande liberté pour aller démarcher et signer des sponsors personnels. En tant que salarié de l’équipe Cofidis, j’ai déjà une très large gamme de sponsors qui nous suivent ».
Vous sentez-vous limité dans vos choix ?
B.T. : « C’est un frein, oui. Cela nous empêche de signer des contrats individuels et limite les opportunités. Mais tout ce que je construis pendant ma carrière, je pourrai en percevoir les fruits lors de ma retraite. Je pourrai signer avec n’importe quelle marque ensuite. Je suis par ailleurs conscient de la chance que j’ai d’être soutenu par un groupe comme Cofidis à titre collectif. Quand on est cycliste professionnel, on ne dépend pas de sponsors individuels ou des Jeux olympiques pour survivre. C’est un chance, et je ne vais pas m’en plaindre ».
Refusez-vous fréquemment des opportunités de partenariats ?
B.T. : « Cela m’est déjà arrivé. Assez régulièrement même. Notamment avec des marques de nutrition, de récupération ou d’entraînement. Mais elles entraient directement en conflit avec les sponsors de l’équipe ».
Etes vous attentif au(x) sponsor(s) titre(s) des équipes du peloton ?
B.T. : « Oui, cela pèse dans la balance quand on a le choix. Mais parfois les coureurs n’ont pas 36 000 opportunités. Cela reste un contrat de travail. Après je sais bien que certaines entreprises sont dans le cyclisme pour faire du “sportwashing” et redorer l’image de leur marque grâce au sport. Pour moi, c’est important d’être dans une équipe française, avec l’humain au cœur du projet ».
Avez-vous un droit de regard sur les nouveaux sponsors de votre équipe ?
B.T. : « Pas forcément. Nous sommes parfois consultés sur les partenaires techniques, notamment les roues ou le textile ».
Votre relation avec les médias est-elle bonne ?
B.T. : « Cela fait partie de notre métier et ne m’a jamais dérangé. J’ai rarement refusé des interviews. Sans média, il n’y a pas de visibilité. Et sans visibilité, il n’y a pas de sponsors. Donc on doit jouer le jeu. Un coureur reste un ambassadeur privilégié ».
Quelle place occupe les réseaux sociaux dans votre carrière ?
B.T. : « L’équipe communication de Cofidis nous fourni du contenu de qualité pour nos différents comptes. Pour autant, je ne suis pas un grand créateur de contenus. Je ne “poste” pas très régulièrement, même si j’essaye de communiquer auprès de ma communauté ».
Entretien : Titouan Laurent
© SportBusiness.Club – Mars 2026