Alpes 2030. Briançon se met sur les bons rails pour accueillir les Jeux
La cité montagnarde doit profiter des Jeux d’hiver des Alpes françaises 2030 pour améliorer sa liaison avec Marseille (Bouches-du-Rhône). Le PDG de la SNCF Jean Castex promet 342 millions d’euros d’investissement.
Il avait promis de venir en train de nuit depuis Paris. Ce sera pour une autre fois. Président-directeur général de la SNCF, Jean Castex était mardi 5 mai 2026 à Briançon (Hautes-Alpes) pour parler Jeux olympiques et désenclavement territorial. La cité montagnarde doit profiter des Jeux d’hiver des Alpes françaises 2030 pour améliorer sa liaison avec Marseille (Bouches-du-Rhône). L’ancien Premier ministre, qui fut délégué interministériel aux Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, est arrivé avec une annonce : 342 millions d’euros d’investissement.
Cette somme sera injectée dans la modernisation et la restructuration de la ligne ferroviaire des Alpes du Sud, entre Marseille et Briançon. Ces 280 kilomètres de voies constituent le premier grand chantier directement lié aux futurs Jeux. Un désenclavement utile et nécessaire. La cité alpine sera la porte d’entrée d’un territoire appelé à accueillir une quinzaine d’épreuves de freestyle, en ski et snowboard, dans les stations de Serre-Chevalier et Montgenèvre. Cinq cent vingt-deux athlètes sont attendus ici, ainsi que des milliers de spectateurs, sans compter les équipes d’organisation et les médias.
Renforcer l’accessibilité du territoire
Faciliter l’accès à Briançon, c’est aussi ouvrir l’extrémité nord du département des Hautes-Alpes et de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. La zone est frontalière avec le Piémont (Italie). Montgenèvre est notamment reliée au domaine italien de la Via Lattea et à Sestrières (Italie), site des Jeux de Turin 2006. La question de l’accessibilité et d’une desserte décarbonée apparaît donc centrale. Elle figure parmi les engagements du comité d’organisation. Le chantier doit s’étaler de 2027 à fin 2029, après une concertation suivie d’une enquête publique à l’automne.
« Sans ces travaux, à terme cette ligne aurait pu fermer, a souligné Jean Castex lors de son déplacement. Cela permettra de désenclaver le département et en particulier le Briançonnais. Au-delà des Jeux olympiques, l’important, c’est l’héritage pour les habitants ». Fin 2029, le temps de trajet entre Marseille et Briançon doit gagner une heure, pour passer de 4h40 aujourd’hui à 3h40. Des trains supplémentaires et du matériel neuf sont promis. La fréquentation annuelle de la ligne, aujourd’hui de 220 000 voyageurs, pourrait doubler.
En parallèle, côté italien, la gare d’Oulx (Italie) doit aussi être modernisée en 2029. Fréquentée par les trains à grande vitesse de la SNCF et de Trenitalia, elle pourra recevoir des rames à deux niveaux. Le territoire de Montgenèvre serait alors à 4h30 de Paris. L’accès aux aéroports doit aussi être facilité et raccourci. « Ces améliorations profiteront aussi au train de nuit Paris-Briançon, qui bénéficiera de nouvelles rames,» a assuré Jean Castex, qui, cette fois, n’aura plus d’excuse pour ne pas le prendre.