Jean-René Bernaudeau le sait. L’avenir de son équipe passera par une certaine réussite sur le Tour de France. Mardi 7 août, dans le Village de la Grande Boucle 2026, le dirigeant vendéen garde le sourire, malgré le fait qu’il cherche un successeur à Total Energies, son partenaire principal qui ne prolongera pas en 2027. « Oui, on a un Tour à faire, et un bon Tour, explique-t-il. On a besoin de montrer que l’équipe a une identité forte pour séduire des gens et développer le budget ». Il confie que des discussions existent, que cela doit rester discret. « Ce type de négociations doit être secrèts : c’est le propre des négociations qui vont au bout,» confie-t-il.
Le dirigeant affirme vendre un projet plus qu’une simple visibilité. Il insiste sur la formation, le Vendée U et l’accompagnement des coureurs. « Aujourd’hui, je mets l’éducation au milieu de mon projet,» insiste Jean-René Bernaudeau. Le patron vend une philosophie, pas une équipe. « Je ne suis pas dans ce business de la consommation des burn-outs. Je veux que les gens se construisent,» assure-t-il. L’ancien coureur revendique une équipe “atypique”, avec un “système pyramidal historique”. Il assume aussi avoir cet été un rôle plus commercial : « Effectivement, aujourd’hui, je suis plus directeur commercial que sportif. Je dois vendre quelque chose qui est conforme à ce que l’on propose ».
Le “gros” doit déclencher le rester
Sur le plan économique, Jean-René Bernaudeau fixe un cadre clair. Il ne cherche pas à entrer dans la course aux budgets les plus élevés. « Si aujourd’hui j’avais 40 millions, c’est énorme, mais on serait le septième budget », lâche-t-il. Son objectif se situe à un échelon plus modeste. «Je pense plutôt à 15 millions au global : nous, on cherche un partenaire titre. » Des accords de principe existeraient déjà avec plusieurs marques, mais aucune ne peut porter seule la plus grande part du financement. « Il faut que le gros se déclenche. Mais il faut que ce soit quelqu’un qui nous ressemble,» poursuit-il.
Le manager se dit plutôt confiant, sans masquer le risque. « On ne peut pas être confiant tant que la signature n’arrive pas. On peut disparaître, vous savez ?! On peut réussir quelque chose d’extraordinaire, mais on peut aussi disparaître… » L’agenda de Jean-René Bernaudeau peut aller jusqu’à la date limite fixée par l’UCI à l’automne. Toutefois, avant cela, le Tour de France servira de vitrine sportive et économique. Pour lui, l’important est que ses coureurs restent concentrés sur la course. « On a un beau sponsor, [TotalEnergies] on doit être exemplaire », rappelle-t-il. Pour TotalEnergies, chaque étape comptera aussi hors de la route.
Bruno Fraioli, envoyé spécial sur le Tour de France 2026
© SportBusiness.Club – Juillet 2026