Le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver des Alpes françaises 2030 (Cojo) a annoncé la démission de son président, Edgar Grospiron. « Le Bureau exécutif des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver Alpes 2030 a pris acte de la décision d’Edgar Grospiron de quitter ses fonctions de président,» indique un communiqué publié jeudi 10 septembre 2026 en fin d’après-midi. Son départ était attendu après une rupture de confiance avec les autres membres du conseil d’administration, notamment l’État et les Régions hôtes.
“Après plusieurs mois de tension au niveau de la gouvernance, je tire la conclusion que les conditions ne sont plus réunies pour moi de continuer cette aventure, a écrit Edgar Grospiron sur son compte Linkedin. Certains diront sans doute que c’est un échec ou un renoncement. Je préfère dire que j’ai atteint, dans le cadre qui était le mien, le point où il devenait plus juste de passer la main que de s’y accrocher. (…) Durant ces mois, je me suis totalement engagé dans le projet. Je ne me suis jamais dérobé, j’ai toujours fait face aux difficultés et à mes responsabilités. (…) Aujourd’hui, une nouvelle étape s’ouvre, avec de nouveaux défis à relever”.
En poste depuis dix-neuf mois, l’ancien champion olympique de ski de bosses quitte ses fonctions alors que le projet traverse une nouvelle crise de gouvernance. La carte des sites et le programme sportif ont été validés, tandis qu’EDF est devenu le premier partenaire fondateur. Un deuxième partenaire devait être annoncé cette semaine. Edgar Grospiron avait déjà démissionné, en décembre 2010, de la direction générale du comité de candidature d’Annecy (Haute-Savoie) aux Jeux d’hiver de 2018, invoquant alors à l’époque un manque de moyens. Il deviendra “membre fondateur” d’Alpes 2030. L’intérim sera organisé lors de l’Assemblée générale extraordinaire du 14 septembre 2026.
Tout va bien !
Interrogée à la sortie du Bureau exécutif, Marina Ferrari, ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, s’est voulue rassurante. « Il n’y a aucune inquiétude à avoir pour la suite : le dossier continue d’avancer, et nous entrons maintenant dans la phase opérationnelle,» a-t-elle déclaré. Même registre pour Fabrice Pannekoucke, président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes : « En réalité on vient de terminer une phase 1 et on va maintenant sur une phase 2, le moment de la livraison de ces Jeux : nous étions sans doute dans un moment opportun,» a-t-il lancé en faisant allusion à la démission d’Edgar Grospiron.
“Les fondamentaux économiques du projet sont solides” et ”le projet bénéficie également de l’élaboration d’un plan directeur des sites robuste”, a salué le Comité International Olympique (CIO) dans un communiqué.
Le navire tangue et il n’y a plus de capitaine à bord. L’orchestre, lui, continue de jouer. Les membres de la Commission de coordination du CIO, attendus en France du lundi 14 au mercredi 16 septembre pour visiter notamment le pôle glace de Lyon (Rhône), auront certainement de nombreuses questions à poser à un comité d’organisation confronté à une nouvelle crise de gouvernance. Ce ne sera plus Edgar Grospiron qui leur apportera les réponses.
© SportBusiness.Club – Septembre 2026