Dans l’univers de la course au large, le vent à tourné. Après l’euphorie des “années Covid” et du Vendée Globe 2024, plusieurs sponsors historiques ont mis les voiles. Maître CoQ, Bureau Vallée, La Mie Câline, Biotherm, Prysmian ou encore Holcim-PRB se sont désengagées en l’espace de moins d’un an. Charal quittera aussi Jérémie Beyou après la Route du Rhum 2026. Dans ce petit monde en plein bouleversement, Paprec, engagé dans la voile depuis 2003, choisit au contraire de maintenir le cap et d’incarner seul le projet de son skippeur Yoann Richomme, après le retrait d’Arkea.
Le groupe français spécialisé dans le recyclage et la gestion des déchets, qui va réaliser 4 milliards de chiffre d’affaires en 2026, finance 100% de la construction de son nouvel Imoca imaginé par l’architecte Antoine Koch. Un budget de 8,5 millions d’euros auquel s’ajoutent 2 millions d’euros annuel de frais de fonctionnement du Team Paprec. Celui-ci est composé de vingt personnes.
« Ces investissements sont très largement rentables, assure Sébastien Petithuguenin, directeur général de l’entreprise. En comptabilisant les citations et la visibilité de la marque, on estime ce qu’aurait coûté l’achat d’un espace publicitaire équivalent. On est très satisfait des résultats. J’ai toutefois toujours trouvé cette mesure un peu artificielle, notamment parce que Paprec est une entreprise B2B et non B2C. Notre objectif est de convaincre de grands clients industriels et des collectivités locales de notre expertise dans l’économie circulaire et de l’utilité de notre métier. Nous ne pouvons donc pas mesurer notre notoriété de la même manière qu’une marque grand public ».
Paprec veut jouer la gagne
Avec moins de marques, Paprec pourrait aussi gagner en visibilité. « Oui, à très court terme, cette situation peut donc nous être favorable, réfléchit Sébastien Petithuguenin. S’il y a moins d’acteurs, Paprec bénéficiera probablement d’une place plus importante et d’une meilleure visibilité. Mais nous raisonnons surtout à long terme. Si trop de sponsors se détournaient de cette classe, c’est tout l’écosystème qui pourrait se fragiliser. Et dans ce cas, nous serions également perdants ».
Paprec affiche de fortes ambitions sportives avec son skipper. Après la deuxième place de Yoann Richomme au Vendée Globe 2024/2025, le groupe a présenté, lundi 14 septembre 2026, un “prototype pour gagner” la prochaine course autour du Monde. Propriétaire de l’écurie, et donc armateur, Paprec travaille à l’arrivée de co-partenaires. Certains seront annoncés prochainement. En revanche, l’hypothèse d’un co-namer n’est plus à l’ordre du jour. « Le contexte est peut-être un peu tendu mais réjouissons nous d’avoir un sponsor comme Paprec, se réjouit Yoann Richomme. C’est exceptionnel d’être accompagner pour aller sur les plus belles courses du monde ».
La construction du nouveau monocoque Paprec, débuté en novembre 2025 à Vannes, va se poursuivre jusqu’en décembre 2026, avant une phase finale d’équipement assurée par le Team Paprec en janvier et février 2027. La mise à l’eau est programmée en mars 2027. Cette année-là, la Transat Café L’Or puis The Transat CIC en 2028 devraient figurer au au calendrier de l’équipe.
© Sport Business Club – Septembre 2026