Athlétisme. World Athletics mise 10M$ sur ses Ultimate
Avec des niveaux de primes records, World Athletics veut attirer les stars et renforcer la valeur médiatique et commerciale de son nouveau format.
Prize-Money. Avec 10 millions de dollars (8,6 millions d’euros) de dotation, les championnats Ultimate, organisés du 11 au 13 septembre 2026 à Budapest (Hongrie), fixent un nouveau standard financier dans l’athlétisme. World Athletics a conçu cette compétition pour réunir les meilleurs athlètes mondiaux et relancer les audiences d’un sport très dépendant des Jeux olympiques et des Championnats du monde. Chaque vainqueur recevra 150 000 dollars (129 000 euros), contre 70 000 dollars (60 200 euros) pour un titre mondial.
La grille de primes descend jusqu’à la 16e place : les “derniers” recevront 2 000 dollars (1 720 euros). « Par rapport à une victoire aux Mondiaux, ils ont plus que doublé la mise, ce qui montre le sérieux de la compétition et les efforts des organisateurs en termes de marketing et de médiatisation. Pour nous, c’est une opportunité énorme,» souligne le Britannique Josh Kerr, champion du monde du 1 500 m en 2023.
Sebastian Coe assume cette stratégie. « C’est le plus grand prize money qui ait jamais existé en athlétisme,» résume le président de World Athletics. En 2024, l’instance avait déjà innové en versant 50 000 dollars (43 000 euros) aux champions olympiques,» insiste-t-il.
Inespéré
L’enjeu est particulièrement fort pour les disciplines moins exposées commercialement. « Dans une discipline comme la nôtre, où on ne gagne pas d’argent, c’est une compétition qui a son importance,» expliquait mi-août le lanceur de marteau français Yann Chaussinand. « Tous mes concurrents se sont battu pour se qualifier car c’est inespéré de gagner ces sommes-là quand on est lanceur,», ajoute celui qui travaille parallèlement comme contrôleur de gestion dans le BTP.
Même les stars y voient une avancée. « Un prize money comme ça, c’est vraiment impressionnant. C’est un pas dans la bonne direction même s’il y a encore du travail pour que tous les athlètes puissent être rémunérés à leur juste valeur,» estime l’Américaine Melissa Jefferson-Wooden, championne du monde du 100 m et du 200 m. Le dispositif doit aussi renforcer l’attractivité du rendez-vous auprès des diffuseurs et des partenaires.
Le modèle rappelle celui du Grand Slam Track lancé en 2025 par Michael Johnson. Le circuit promettait contrats et fortes primes, mais il s’est interrompu après quelques meetings en raison de difficultés financières. « Bien sûr, il y a eu ces soucis d’argent, mais d’un point de vue marketing, je pense qu’ils voyaient juste sur quasiment toute la ligne,» estime Josh Kerr. Pour World Athletics, l’enjeu est désormais de transformer cette hausse des dotations en audiences, en exposition et, à terme, en revenus commerciaux supplémentaires. (Avec AFP)